tvplusafrique

Politique

DEVIENNENT DES TRÔNES

DEVIENNENT DES TRÔNES
À Yaoundé, Paul Biya incarne cette longévité hors norme : 42 ans à la tête du Cameroun. Trois générations n’ont connu que lui.

Ils étaient venus en sauveurs, porteurs d’espoir, promettant liberté, prospérité et alternance. Des décennies plus tard, ils sont toujours là. Inamovibles, indétrônables. En Afrique francophone, le pouvoir semble de moins en moins une fonction temporaire… et de plus en plus un trône.



À Yaoundé, Paul Biya incarne cette longévité hors norme : 42 ans à la tête du Cameroun. Trois générations n’ont connu que lui. À Abidjan, Alassane Ouattara avait juré qu’il ne se représenterait pas. Pourtant, il s’est offert un troisième mandat en 2020. Et le voici déjà en piste pour un quatrième, en 2025.


Ailleurs, la Constitution devient un costume sur-mesure, retaillé selon les ambitions du moment. Au Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, déjà au pouvoir pendant plus de 35 ans cumulés, pourrait briguer un cinquième mandat en 2026.



Officiellement, on parle de démocratie, de République, de souveraineté. Officieusement, le système fonctionne comme une monarchie déguisée. Les palais présidentiels deviennent des sanctuaires où le pouvoir se conserve, se verrouille, parfois même se transmet.


Les défenseurs de ces présidents vantent la stabilité. Mais à quel prix ? Des institutions paralysées, des oppositions muselées, un développement au ralenti et une jeunesse désabusée. L’économie peine à suivre, l’endettement explose, et les réformes structurelles se font attendre.


Ces États se réclament encore de la démocratie, mais pour leurs citoyens, ils ressemblent de plus en plus à des royaumes modernes, où le président devient un monarque de fait.



Alors, démocratie ou royauté ? La question fâche, mais elle reste essentielle. Car si la démocratie n’est pas morte en Afrique francophone, elle est bel et bien prise en otage dans les palais du pouvoir. Les peuples, eux, ne demandent pas un roi. Ils veulent des institutions fortes, durables, au service de tous.








Par Pamphile EBO

Top Articles