CRISE AU PDG
Le bras de fer judiciaire entre le Parti démocratique gabonais (PDG) et Ali Akbar Onanga Y’Obegue prend un tournant inattendu. Saisi en référé, le tribunal de première instance de Libreville a décidé de surseoir à statuer, après qu’une exception d’inconstitutionnalité a été soulevée par la défense. À moins de deux mois des élections législatives, l’enjeu est considérable. Le suspense tient en haleine toute la classe politique, tant cette affaire pourrait redessiner les équilibres institutionnels du pays.
Au cœur de la querelle : la légitimité de la direction du PDG. D’un côté, Angélique Ngoma, secrétaire générale intérimaire issue du directoire provisoire mis en place en mars 2024. De l’autre, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, désigné le 14 mai 2025 par Ali Bongo Ondimba, pourtant retiré de la vie publique depuis septembre 2024. Accusé d’usurpation de qualité, Ali Akbar Onanga Y'Obegue devait faire face à une demande d’interdiction d’utiliser le nom, les attributs et les signes du PDG.
Mais l’avocat d’Ali Akbar Onanga Y'Obegue, Me Francis Nkea, a choisi de déplacer le combat. Il a mis à profit le flou juridique entourant les procédures de désignation des instances dirigeantes du PDG, en pleine période de transition politique. Résultat : le juge a estimé que l’argument méritait d’être tranché par la Cour constitutionnelle. Le couperet ne tombera donc pas tout de suite.
Cette décision plonge le PDG dans une véritable nasse politique. Le parti, déjà criblé par les dissensions internes, redoute que le ministère de l’Intérieur y voie une situation de bicéphalisme, justifiant sa suspension sur la base de l’article 64 de la loi sur les partis politiques. Un tel scénario ferait voler en éclats ses chances aux élections du 27 septembre 2025. L’étau se resserre, et le PDG doit serrer les dents.
Dans cette bataille de légitimités, l’issue repose désormais sur la Cour constitutionnelle, récemment recomposée. Si elle tarde à se prononcer, la situation pourrait échapper à tout contrôle.