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UNE MAIN NOIRE

UNE MAIN NOIRE
15 juillet 2025, une note d’expulsion provenant d’un responsable des services spéciaux leur a été adressée, exigeant l’arrêt immédiat de leurs activités agricoles pour cause « d’utilité publique ».


C’est un cri d’alarme poussé par les responsables de la ferme coopérative La Ferme Verte. Initialement implantée dans la commune de Ntoum et repositionnée dans la commune d'Owendo, conformément au plan cadastral. Le 15 juillet 2025, une note d’expulsion provenant d’un responsable des services spéciaux, disent-ils leur a été adressée, exigeant l’arrêt immédiat de leurs activités agricoles pour cause « d’utilité publique ». Une décision qui, pour les concernés, a le goût amer d’un traitement musclé et d’une entorse manifeste aux règles élémentaires de droit et de respect.



Créée à l’initiative de jeunes agripreneurs, La Ferme Verte s’est érigée en véritable modèle de développement rural. En l’espace d’une décennie et demie, la coopérative a investi près de 200 millions de francs CFA dans des projets agricoles et d’infrastructure. Ponts, clôtures, portails, barrières, plantations et même habitations rurales : tout a été mis en œuvre pour structurer durablement une activité qui, aujourd’hui, fait vivre des dizaines de familles dans le petit village qui s’est constitué autour du site.



Mais depuis peu, la situation s’est radicalement tendue.


« Nous ne sommes pas ici par hasard »


martèle l’un des responsables. 


« C’est suite à l’obtention de l’arrêté n°017 que nous avons investi. Nous avons structuré le terrain, sécurisé le site… et voilà qu’on vient, de façon cavalière, nous intimer de déguerpir »


Les accusations fusent. Vandalisation de la clôture, intrusion de squatteurs, mépris des textes en vigueur. Les responsables de la ferme dénoncent une gestion qu’ils jugent brutale, désordonnée, voire féroce du dossier.



« On ne peut pas parler de développement en brutalisant ceux qui le construisent au quotidien»


S’ils ne s’opposent nullement à la volonté des autorités de moderniser ou d’aménager le territoire, les membres de la coopérative exigent que cela se fasse dans les règles de l’art.


« Nous ne demandons pas de privilèges, mais le respect du code agricole, adopté par l’Assemblée nationale, et qui encadre précisément notre activité. Nous sommes surpris que l’ANUTTC, par le biais de son conseiller juridique, semble l’ignorer ou s’en désolidariser »



Face à cette situation, les appels à la médiation se multiplient. Pour les villageois et les travailleurs de La Ferme Verte, c'est une catastrophe. Puisque la main noire ne veut pas négocier. Il s’agit pourtant de préserver un modèle local d’autosuffisance et de résilience, à l’heure où la sécurité alimentaire devient une priorité nationale.


L’avenir de la ferme reste en suspens. Mais pour ses fondateurs, une chose, il n’est pas question de céder à l’intimidation de la main noire. Ils réclament une table de dialogue, et une issue juste. 



« Nous ne voulons pas d’un bras de fer, mais un traitement équitable, loin des méthodes expéditives »





Par Pamphile EBO

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