UNE RÉVISION EN DENTS DE SCIE
Contrairement aux habitudes où les citoyens attendent les derniers jours pour s’inscrire ou vérifier leur présence sur les listes électorales, cette année, une dynamique inverse semble s’installer. Une semaine après le lancement officiel de la révision des listes électorales, prévue du 14 juillet au 12 août 2025, des retards dans la mise en œuvre des opérations sont constatés dans plusieurs localités du pays.
Le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, avait pourtant annoncé le bon déroulement de la révision. Mais sur le terrain, les agents commis à cette tâche se font attendre. Pire encore, les campagnes de sensibilisation, pourtant essentielles pour mobiliser les électeurs, brillent par leur absence.
Une situation qui commence à inquiéter les partis politiques, en pleine mobilisation pour maximiser leurs chances lors des prochaines élections. À Port-Gentil, l’Union du Peuple Gabonais (UPG) a tiré la sonnette d’alarme. Par la voix de son coordinateur provincial de l’Ogooué-Maritime, Gaston Pouabou, le parti a dénoncé un
« retard dans le lancement de la révision électorale dans toute la province »
Face à ce flou organisationnel, les militants UPgistes ont mis en place des brigades de veille citoyenne afin de ne pas rater l’occasion d’accomplir leur devoir électoral.
Même son de cloche du côté de la diaspora. En France, un électeur déplore que les listes des commissions électorales locales et consulaires n’aient été publiées que le 22 juillet, soit plus d’une semaine après le début officiel des opérations.
« C’est flou. Beaucoup avaient prévu de s’enregistrer le week-end dernier, mais rien n’était prêt »
a-t-il expliqué.
À Libreville et dans sa périphérie, la révision semble mieux organisée, accentuant un déséquilibre entre les différentes zones du pays. Une situation qui suscite des interrogations, alors que cette révision constitue une étape majeure pour la première grande élection sous la 5e République gabonaise.