VENDENT DES PRODUITS AVARIÉS
Une vaste opération de contrôle menée dans la province du Woleu-Ntem a récemment mis à nu un réseau de commerçants opérant en porte-à-faux avec la loi. Cette descente, orchestrée par le parquet d’Oyem en collaboration avec la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), a permis de révéler des entorses graves à la réglementation en vigueur, tant sur le plan sanitaire qu’administratif.
En compagnie du substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance d’Oyem, et du directeur régional de la DGCCRF, les agents ont investi plusieurs épiceries locales. Le constat est sans appel :
“Nous avons retrouvé des produits avariés, stockés à même le sol, parfois exposés à la chaleur, à l’humidité, voire rongés par des rongeurs. C’est une situation alarmante que nous ne pouvons tolérer”
a fustigé un agent de la DGCCRF.
Les infractions relevées sont multiples. Beaucoup d’épicers sont en délicatesse avec la législation.
“Plusieurs ne disposent ni de carte de séjour, ni d'autorisation d’exercice. Pourtant, ils mènent leurs activités en toute quiétude. C’est une violation flagrante de la loi”
a déploré le substitut du procureur à Gabon1ère. Certains ont même été pris la main dans le sac, vendant des produits dont la date de péremption était largement dépassée.
“Il s’agit là d’un véritable mépris de la vie humaine. On foule aux pieds les droits du consommateur”
a-t-elle ajouté.
L’un des points noirs relevés par les équipes de contrôle concerne l’absence quasi systématique de la mercuriale dans les boutiques, en contradiction avec les textes en vigueur.
“On est face à une frange de commerçants peu scrupuleux, qui n’hésitent pas à faire grimper les prix à leur guise. Cela contribue à la vie chère, contre laquelle l’État a pourtant tiré la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois”
a souligné un responsable de la DGCCRF.
L’opération n’a pas été menée dans la dentelle : des sacs de riz impropres à la consommation, des boîtes de conserve gonflées, et même des produits toxiques ont été saisis.
“Nous n’avons lésiné sur aucun moyen pour que ce type de marchandises soient retirées du circuit”
a insisté un agent faisant partie de la vaste opération de contrôle. Les agents ont promis que l’étau allait désormais se resserrer autour de tous les acteurs économiques en infraction.
Au-delà des petits commerces, l’État entend étendre ces contrôles à d’autres secteurs sensibles.
“Les transports urbains, par exemple, posent également problème. L’hygiène des véhicules et la flambée des prix deviennent une véritable pierre d’achoppement pour les usagers”
a indiqué une source proche du dossier.
Pour de nombreux consommateurs rencontrés, cette opération arrive à point nommé.
“On en avait marre d’être pris pour des cobayes. Ce que nous consommons chaque jour met notre santé en péril”
a confié un habitant d’Oyem. La justice, elle, promet de poursuivre les procédures.
“Nous allons transmettre les dossiers aux juridictions compétentes. Il y aura des sanctions. Nul n’est au-dessus des lois”
a conclu la source proche du dossier.