RELOGEMENT DE 30 000 PERSONNES
Une rencontre très importante s’est tenue récemment entre Marie Françoise Dikoumba, gouverneure de la province de l’Estuaire, et les populations du quartier Nkoltang, dans le deuxième arrondissement de la commune de Ntoum. L’objectif était d’en avoir le cœur net sur le projet de lotissement prévu dans cette zone, et lever le voile sur ses contours, ses ambitions et ses effets potentiels.
Accompagnée des autorités municipales, préfectorales, ainsi que de représentants du ministère de l’Agriculture et du cadastre, la gouverneure a voulu poser les bases d’un dialogue franc avec les habitants. L’aménagement en question concerne une parcelle de 235 hectares, située à Nkoltang, et dotée d’un titre foncier. Un projet structurant qui s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme de relogement de plus de 30 000 personnes.
« Ce projet n’ambitionne pas de vous exclure, mais plutôt de vous intégrer. Nous sommes là pour vous informer, vous sensibiliser et vous annoncer qu’il y a des études qui vont être effectuées sur le site très prochainement »
a précisé Marie Françoise Dikoumba. Elle a rappelé que cette initiative du gouvernement vise à offrir une vitrine du développement urbain inclusif.
Charles Nguema Ebozo, directeur des opérations d’urbanisme et des aménagements fonciers à l’ANUTTC, a salué une véritable cure de jouvence pour la commune de Ntoum :
« À l’intérieur de ces aménagements, on aura des terrains viabilisés, des équipements collectifs comme des écoles, des centres de santé, tout ce qu’il faut pour ne pas obliger les habitants à parcourir de longues distances. Ce projet est la pierre angulaire d’une urbanisation mieux pensée »
Pourtant, malgré l’enthousiasme apparent, la conférence a aussi été l’occasion de tirer la sonnette d’alarme. Certains habitants ont tenu à rappeler les difficultés quotidiennes, et surtout l'absence d’infrastructures de base, que ce projet doit impérativement corriger.
Biyoghe, chef de quartier de Nkoltang, n’a pas mâché ses mots :
« Je suis entièrement d'accord avec le projet du chef de l’État. On était d’abord dans le village, mais actuellement on est dans la commune. Étant dans la commune maintenant, on doit évoluer. Ici, on n’a pas de dispensaire, on n’a pas d’école. Tout ça, là, on doit les avoir »