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LA CRIMINALITÉ ENVIRONNEMENTALE ET LE CONFLIT HOMME-FAUNE

LA CRIMINALITÉ ENVIRONNEMENTALE ET LE CONFLIT HOMME-FAUNE
Libreville a récemment accueilli une importante conférence régionale sur la criminalité environnementale et le conflit homme-faune

Libreville a récemment accueilli une importante conférence régionale sur la criminalité environnementale et le conflit homme-faune, deux enjeux majeurs qui minent les efforts de conservation dans les pays du bassin du Congo. Cette rencontre, qui s’est achevée sur des perspectives jugées prometteuses, a permis de dresser un tableau sans complaisance de la situation actuelle, tout en traçant des pistes de solutions concrètes.


 


Les participants, parmi lesquels des experts chevronnés, des représentants gouvernementaux et des ONG, ont relevé que la montée en puissance des groupes criminels organisés dans les zones forestières constitue désormais une pierre d’achoppement majeure. « Nous ne sommes plus face à de simples braconniers d’ivoire ou de pangolin. Aujourd’hui, ce sont des groupes armés, parfois même des unités terroristes, qui s’attaquent à notre or vert », a confié un responsable du ministère des Eaux et Forêts. Dans ce contexte, les rangers – souvent considérés comme les artisans silencieux de la protection de la nature – se retrouvent dépassés par une spirale de violence de haute intensité.


 


Face à cette menace, les intervenants ont plaidé pour une implication accrue des forces spéciales. « Il n’est pas humain de continuer à envoyer des éco-gardes affronter des criminels lourdement armés. Il faut que les militaires prennent le relais. Le jeu en vaut la chandelle », a insisté un haut cadre sécuritaire.


 


La Déclaration de Libreville adoptée à l’issue des travaux, appelle à une action coordonnée entre pays, à la mutualisation des moyens, et à la fin de l’impunité pour les trafiquants, les exploitants forestiers véreux et autres fossoyeurs de la biodiversité. Car pour beaucoup, il s’agit désormais d’un travail de fourmi au chevet de nos écosystèmes.


 


Le gouvernement gabonais, salué pour sa lutte de longue date, a assuré qu’il mobilisera tous les moyens nécessaires. « Nous devons sauver les meubles, recoller ce qui peut encore l’être, et concilier développement et protection de la nature », a affirmé un porte-parole officiel.


 


Reste que certaines zones d’ombre au tableau subsistent. La mise en œuvre effective des engagements, souvent reléguée au second plan, sera déterminante. Mais d’ores et déjà, un message fort a été lancé : la criminalité environnementale n’a plus droit de cité, et les États de la région sont bien décidés à reprendre la foulée.

Par Pamphile EBO

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