SUR DÉCISION D’ALI BONGO
Alors que le Parti démocratique gabonais (PDG) navigue à vue depuis le coup de libération du 30 août 2023, une annonce vient prendre tout le monde à contre-pied : Ali Bongo Ondimba, toujours président statutaire du parti, a signé le 14 mai 2025 la nomination d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue comme nouveau Secrétaire général du PDG rapporte le confrère Gabon Media Time. Depuis la chute du régime, le parti fondé par Omar Bongo ressemble à une machine grippée. Pris entre des querelles internes, des tentatives de réorganisation avortées et une légitimité en lambeaux, le PDG semblait en panne, assis sur une poudrière. Avec cette nomination inattendue, Ali Bongo tente de redonner un second souffle à une formation autrefois tout-puissante, aujourd’hui fragilisée et minée par les divisions.
C’est en s’appuyant sur les articles 8 et 32 des statuts révisés du 12 mars 2022 qu’Ali Bongo Ondimba a justifié sa décision, destituant de facto Steeve Nzegho Dieko, démissionnaire. Ali Akbar Onanga Y’Obegue, poids lourd politique connu pour son passé ministériel, reprend donc les rênes d’un parti qu’il qualifie lui-même de « structure à reconstruire ». Dans une déclaration sans langue de bois, il a dénoncé une tentative « d’usurpation » de la direction du PDG par un « groupe autoproclamé », et promet de faire le ménage.
« Le PDG ne se gouverne pas par usurpation, ni par connivence avec des forces extérieures », a martelé Ali Akbar Onanga Y’Obegue. Ce bras de fer, qui s’intensifie de semaine en semaine, fait tâche d’huile au sein d’un parti déjà ébranlé par les querelles intestines. La tension monte d’un cran, alors que les clans Blaise Louembe et Ali Akbar Onanga Y’Obegue se regardent en chiens de faïence, chacun cherchant à court-circuiter l’autre.
En reprenant les commandes du navire, Ali Akbar Onanga Y’Obegue joue le rôle de chef d’orchestre d’une remobilisation annoncée. Dans un message aux militants, il a appelé à « préparer activement » la participation du PDG aux prochaines élections législatives et locales. Pour lui, l’heure n’est plus aux querelles mais à l’unité. Il promet une modernisation en profondeur du parti, fidèle aux valeurs de « dialogue, tolérance et paix », rapporte le confrère Gabon Media Time.
Selon Ali Akbar Onanga Y’Obegue, toutes les décisions prises par la direction parallèle depuis le coup de force du 7 mars 2024 sont « nulles et de nul effet ». L’épée de Damoclès est suspendue au-dessus des ténors des deux PDG divisés. La lutte d’influence devrait donc s'intensifier.
En toile de fond, c’est tout l’héritage politique d’Ali Bongo Ondimba qui se joue. Depuis son éviction du pouvoir, l’ancien président, désormais à l’étranger, n’a pas lésiné sur les moyens pour reprendre la main sur son appareil politique. Pour l’heure, le parti cherche à redéfinir sa ligne, son autorité et ses ambitions, avec Ali Akbar Onanga Y’Obegue aux commandes et Ali Bongo toujours en coulisses. Et pourtant Ali Bongo Ondimba avait promis que s’il est exfiltré hors du Gabon avec son épouse et son fils, personne n’entendra plus parler de lui.