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UNE SPIRALE DE PRÉCARITÉ

UNE SPIRALE DE PRÉCARITÉ
À l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), le tableau est de plus en plus sombre.

À l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), le tableau est de plus en plus sombre. Depuis 16 mois, les délégués intérieurs et extérieurs, pourtant régulièrement nommés, vivotent sans salaire, assurant leur mission tête baissée, dans une vie de misère, malgré l’absence totale de rémunération. Entre indifférence des autorités et silence des institutions, ces agents semblent condamnés à tirer le diable par la queue.


C’est du moins ce qu’a dénoncé le collectif des délégués ANBG, reçu récemment dans les colonnes du quotidien L’Union. Selon leurs témoignages, malgré un travail accompli sur des dossiers sensibles tels que les engagements décennaux, les certificats médicaux ou encore les accréditations d’établissements supérieurs, tant au Gabon qu’à l’étranger, rien ne change. Et pourtant, affirment-ils, leur contribution aurait permis de générer près d’un milliard de francs CFA, logé aujourd’hui au Trésor public et à la Caisse des dépôts et consignations.


Cette manne financière, censée permettre le paiement de leur dette salariale, reste pourtant hors de portée. La réforme initiée par le directeur général sortant, le Pr Ruphin Ndjambou, semble aujourd’hui avoir pris du plomb dans l’aile, prisonnière d’un statut quo étouffant, alors que le sort de ces agents continue de se clochardiser sous une chape de plomb institutionnelle.


L’espoir avait pourtant brièvement émergé avec l’avènement de la Ve République. En mai 2025, le vice-président de la République, Dr Séraphin Moundounga, avait reçu les représentants du collectif. À cette occasion, il avait promis une intervention rapide. Le dossier avait ensuite été transféré au vice-président en charge du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, qui avait lui aussi souligné


« l’urgence de la situation »


Mais depuis, plus rien. Le dossier s’enlise au ministère des Comptes publics, sans avancée notable. Pour les agents concernés, le temps semble suspendu, et l’étau se resserre.


« Nous sommes au bord du gouffre », confie un délégué. « On ne peut plus vivre. Certains sont littéralement clochardisés »


Le collectif a tiré à boulets rouges sur les administrations qui gèrent les dossiers des agents victimes.


« Cette situation est profondément injuste et indigne d’un État responsable. Comment peut-on exiger un travail aussi important sans rémunération pendant 16 mois ? Cela traduit un mépris flagrant pour le service public et les agents qui le soutiennent. À l’UOB, nous comprenons ce que signifie l’abandon institutionnel. Il est urgent que l’État honore ses engagements envers ces délégués, faute de quoi la crédibilité des réformes s’effondrera totalement »


analyse un enseignant de l’Université Omar Bongo (UOB). 


Le collectif des délégués ANBG dénonce une spirale sans fin dans laquelle ils s’enfoncent chaque jour un peu plus. Et pendant ce temps, les agents continuent, tant bien que mal, à travailler. Tête baissée.


 

Par Pamphile EBO

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