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FIN D’UNE ANARCHIE

FIN D’UNE ANARCHIE
Dimanche après-midi, des agents chargés de la démolition ont débarqué. En quelques minutes, ils ont inscrit sur les murs les injonctions de libérer les lieux,

À Charbonnages, dans le 1er arrondissement de Libreville, l'heure est au sauve-qui-peut. Depuis l’annonce d’une opération imminente de déguerpissement, les commerçants de ce quartier populaire vivent sur le qui-vive. Dimanche après-midi, des agents chargés de la démolition ont débarqué. En quelques minutes, ils ont inscrit sur les murs les injonctions de libérer les lieux, sans autre forme de procès. Le sort était scellé. À partir de là, tout s’est précipité.


Certains commerçants, échaudés par les précédentes opérations musclées, notamment celle de l’Assemblée, ont décidé de prendre le taureau par les cornes. À la hâte, ils ont mis la main à la patte pour vider leurs étals et démonter leurs box, sans attendre le chaos du lendemain. Ils n'ont eu d'autre choix que de prendre la poudre d’escampette, transportant dans l’urgence leurs marchandises entassées à la va-vite.


Lundi 23 juin 2025, Charbonnages avait changé. Ce qui était autrefois une ruche commerciale active n’est désormais qu’un champ de ruines. Des carcasses de stands tordus jonchent le sol. Les galeries, autrefois bondées, sont méconnaissables. La traque aux installations jugées anarchiques semble avoir monté d’un cran, dans une volonté manifeste de battre en brèche un désordre ancien.


Mais les opérateurs économiques, aujourd’hui sur le gril, dénoncent le manque de communication. Pris au dépourvu, ils réclament un minimum de délai pour se préparer et se réorganiser. Ils implorent les autorités de penser à leur sort. Ils soulignent qu’ils ne savent plus à quel saint se vouer. Certains, sans ressources, affirment être désormais dans l’impossibilité de nourrir leur famille.


Derrière cette opération, c’est tout un système informel de gestion foncière qui semble visé. Le site, disent certains, était sous le contrôle d’un ancien commis de l’État, via un intermédiaire qui encaissait les loyers. Ce dernier serait désormais dans le collimateur, alors que l’étau se resserre autour des zones occupées illégalement. Parmi les commerçants de Charbonnages, beaucoup cherchent encore, en vain, un nouveau lieu où s’installer.


 

Par Pamphile EBO

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