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FISCALITÉ ABUSIVE

FISCALITÉ ABUSIVE
Pris à la gorge par une succession de taxes et de contrôles, ils dénoncent une pression insupportable, résultat d’un bras de fer administratif entre la mairie et le ministère des Transports.

À Libreville, la colère gronde parmi les chauffeurs de taxi. Pris à la gorge par une succession de taxes et de contrôles, ils dénoncent une pression insupportable, résultat d’un bras de fer administratif entre la mairie et le ministère des Transports. Les professionnels du volant, déjà à bout de souffle, dénoncent un climat intenable sur le terrain.


« On est pris en tenaille entre deux autorités »


souffle un chauffeur. En cause, une double réglementation : d’un côté, l’agrément technique délivré par le ministère via la Direction générale des transports terrestres, de l’autre, un arrêté municipal signé par la mairie de Libreville. Résultat : les transporteurs doivent souvent payer deux fois pour pouvoir exercer, sans obtenir de gain de cause concret. Ce conflit de compétences, aux effets pervers bien visibles, a mis de l’huile sur le feu. À chaque carrefour, les contrôles se multiplient. Agents municipaux et équipes ministérielles descendent régulièrement sur le terrain. Officieusement, certains parlent de harcèlement.


« On nous tourne en bourrique. Ce n’est plus du travail, c’est de la survie »


s’indigne un autre conducteur. La déclaration fracassante d’un syndicat ce jeudi résume le malaise :


« Trop, c’est trop. Nous sommes les vaches à lait d’un système qui ne nous apporte rien. Ni routes réparées, ni conditions de travail améliorées »


Selon eux, les retombées négatives de cette surcharge administrative impactent directement le quotidien des taximen, déjà à la traîne dans un secteur en pleine mutation avec l’arrivée des applications de transport. 


“Cette crise est l’exemple d’une profonde déconnexion entre les institutions et les réalités vécues par les travailleurs urbains. À l’Université Omar Bongo, nous analysons cela comme un symptôme d’un État fragmenté, où les chevauchements administratifs reflètent une gouvernance mal articulée. Les taximen incarnent ici la figure du « dominé » de Bourdieu : pressurés par des logiques bureaucratiques contradictoires, ils subissent une violence symbolique et matérielle qui exacerbe la précarité déjà structurelle de leur condition”


commente un enseignant du département de sociologie de l'Université Omar Bongo (UOB). 


La mairie, elle, justifie ces mesures par la nécessité d’un meilleur encadrement du transport urbain. Même son de cloche du côté du ministère des Transports. Pourtant, sur le terrain, les critiques prolifèrent. Les conducteurs, eux, voient surtout les affres d’un système dans lequel ils broient désormais du noir. Face à cette situation, plusieurs syndicats ont appelé à un arrêt général de travail dans les prochains jours. Une mobilisation qui pourrait paralyser la capitale. 


 


 


 


 


 


 

Par Pamphile EBO

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