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EN 72 HEURES

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Coup de massue pour les habitants du quartier Carrefour-SNI-Virier 2, dans la commune d'Owendo. Plus d'une centaine de familles ont reçu, hier 22 juin 2025, un avis de déguerpissement.

Coup de massue pour les habitants du quartier Carrefour-SNI-Virier 2, dans la commune d'Owendo. Plus d'une centaine de familles ont reçu, hier 22 juin 2025, un avis de déguerpissement. Le temps presse : elles disposent de seulement 72 heures pour rassembler leurs affaires et partir. Une décision brutale qui plonge tout un quartier dans l’incertitude et fait monter la tension.  Au petit matin, la stupeur était sur tous les visages. Dans les rues poussiéreuses de Carrefour-SNI-Virier 2, chacun court dans tous les sens, sauve qui peut. C’est le chef de quartier lui-même, Justin Emane Nguema, qui a donné l’alerte.


“Ce matin, je reçois une visite du délégué spécial de la commune d’Owendo avec sa suite. C'est lorsque le délégué me pose une question de savoir si je suis au courant qu'on doit nous casser, qu'on doit casser le quartier Carrefour-SNI-Virier 2. Je lui ai dit non, je n'étais pas au courant, je n'étais pas informé. Nous ne sommes pas contre les efforts engagés par le chef de l'État mais il faut au moins de la manière. Il faut une manière, une certaine manière. Il y a une procédure à suivre”


Ce déguerpissement, présenté comme une opération de libération du domaine public, laisse les habitants sur des charbons ardents. Sans aucune solution de relogement, ils vivent un suspense haletant. Pour eux, c’est un compte à rebours douloureux qui s’est enclenché. Chaque seconde compte désormais.


“C'est ma famille ici. Tout pour nous ici. Mon grand-père est venu ici en 1961. Je suis ici depuis longtemps. Aujourd'hui, j'ai grandi ici. Je n'ai pas grandi ailleurs qu'ici. On ne refuse pas de partir. Mais nous disons au Président Oligui Ngema, situez-nous d'abord avant de nous enlever. Nous irons où avec tous les enfants ? Les bébés, les mamans âgées, on va les où ? On va les rentrer chez qui ?”


déplore une résidente.


Alors que les autorités locales semblent avoir pris le taureau par les cornes sans prévenir, la question qui brûle toutes les lèvres reste sans réponse : où iront ces familles ? Leur seul espoir, un sursaut d’humanité des pouvoirs publics pour organiser un départ avec délicatesse et éviter que la situation ne tourne au vinaigre. Mais pour l’instant, le rouleau compresseur administratif avance.  

Par Pamphile EBO

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