CAMEROUN/PRÉSIDENTIELLE : DES ÉLITES DU SUD APPELLENT À TOURNER LA PAGE BIYA
Willy Mengue, Narcisse Evina Ongotto, Me Paul Paul Freddy Oyono, Emmanuel Foumane Nti, Marcel Ébène, Joane Christelle Mendomo, Pr Jean Calvin Aba’a Oyono, Dr Appollinaire Legrand sont les huit signataires de cette déclaration qui vient rejoindre la longue file des contestations à une énième candidature du président Paul Biya.
Originaires de la même localité que le chef d’Etat camerounais, le Sud du pays, ils invitent leurs proches à se désolidariser de sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre prochain, à travers une prise de conscience collective pour mettre fin aux « préjugés, mensonges et fantasmes qui sont répandus sur la région du Sud », depuis 1982, date d’accession de Paul Biya à la magistrature suprême.
« Le véritable changement est celui qui vient du Peuple. Après 43 ans, nous pouvons affirmer que le changement qui a eu lieu en novembre 1982 au Cameroun, et qui ne venait pas du peuple, n'a quasiment rien apporté de bénéfique aux populations paupérisées à la Région du Sud. La nomination des Ministres et des Directeurs Généraux originaires du Sud n'a rien apporté à l'écrasante majorité des Camerounais de cette Région dont les conditions de vie se sont considérablement dégradées, en comparaison à celles connues jadis, sous le Président Ahidjo notamment », indique la déclaration.
Dressant le bilan de plus de 43 ans de règne de Paul Biya, leur verdict est clair. Le régime, « sortant et bientôt sorti », a lamentablement échoué dans tous les secteurs de la vie nationale, particulièrement dans la région du Sud où les populations sont pauppérisées. Le constat est alarmant : Etat des axes routiers Ebolowa - Akom 2 - Kribi, Sangmelima - Oveng-Fang, Meyomessala - Bengbis et bien d'autres sont dans un état désastreux ; absence d’électricité dans certaines localités depuis l’indépendance ; chômage endémique des jeunes diplômés ou sous-scolarisés, mauvaise qualité de vie se disputant la scène sociale avec le désespoir généralisé.
La démarche de ces leaders d’opinion vise également à apporter un démenti clair et net à un mensonge répandu présentant les ressortissants du Sud comme attachés à la personne et à la politique de Paul BIYA, pour la simple raison qu'il est natif de la Région du Sud. L’urgence consiste donc de prendre leur destin en main, à travers un engagement réel dans la compétition électorale avenir.