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LA TRANSHUMANCE

LA TRANSHUMANCE
Lors d’un passage remarqué sur le plateau de TV+Afrique, deux figures du paysage politique et citoyen gabonais ont livré leur lecture d’une disposition controversée du code électoral.

Lors d’un passage remarqué sur le plateau de TV+Afrique, deux figures du paysage politique et citoyen gabonais ont livré leur lecture d’une disposition controversée du code électoral. Paskhal Nkoulou, acteur politique, et Stevie Essima, président du mouvement Expression Citoyenne, ont pris position sur l’interprétation de l’article 82 du code électoral, relatif aux changements de partis en cours de mandat.


Le cœur du débat repose sur une interrogation : la loi sur la transhumance politique s’applique-t-elle aussi au président de la République ? Et surtout, faut-il différencier l’adhésion à un parti de la création d’un parti politique lorsqu’on est élu indépendant ?


 


L’esprit de la loi contre la lettre


Paskhal Nkoulou, se présentant comme philosophe de formation, a souhaité aborder la question sous un angle plus théorique. Il a invoqué Montesquieu et la distinction entre l’esprit et la lettre des lois. Pour lui, l’esprit du législateur gabonais, au moment de rédiger cette disposition, était clair : mettre fin à la transhumance politique, phénomène devenu courant au Gabon.


“Les élus changent de camp politique selon les opportunités, trahissant souvent les valeurs qui ont convaincu leurs électeurs”


a-t-il dénoncé.


 


Adhérer n’est pas créer


Pascal Nkoulou a insisté sur la différence entre adhérer à un parti et créer un parti politique. Selon lui, un élu indépendant qui adhère en cours de mandat à une formation politique renie les idées qui l’ont porté au pouvoir.


“Il s’agit là d’un acte de trahison envers ses électeurs”


a-t-il affirmé. À l’inverse, créer un parti reviendrait à formaliser ses convictions initiales et à les proposer au débat public, ce qui, selon lui, n’est pas condamnable.


“Créer un parti, c’est vouloir faire vivre ses idées, pas les renier”


a-t-il soutenu.


Quid du président de la République ?


Sur ce point, Stevie Essima a rappelé que la Constitution gabonaise définit très clairement les conditions dans lesquelles un chef d’État peut perdre son mandat.


“Il faut faire attention à ne pas surinterpréter l’article 82, qui concerne avant tout les élus parlementaires et locaux”


a-t-il expliqué. Pour lui, le Président de la République est soumis à un autre régime juridique, inscrit dans la Constitution, qui prévaut sur le code électoral dans ce cas précis.


Les deux intervenants s’accordent néanmoins sur un point fondamental : la nécessité de moraliser la vie politique et de mettre un terme aux pratiques opportunistes qui fragilisent la confiance entre les élus et les citoyens.


 

Par Pamphile EBO

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