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MAGOUILLES ET MANŒUVRES DOUTEUSES

MAGOUILLES ET MANŒUVRES DOUTEUSES
Depuis une semaine, les bulldozers grondent, les toits tombent, et les larmes coulent à Plaine Orety, notamment dans les zones dites Derrière l’Assemblée nationale et derrière l’Ambassade de Chine.

Depuis une semaine, les bulldozers grondent, les toits tombent, et les larmes coulent à Plaine Orety, notamment dans les zones dites Derrière l’Assemblée nationale et derrière l’Ambassade de Chine. L’État a enclenché une vaste opération de déguerpissement sur ce site classé domaine d’utilité publique (DUP), dans le cadre de projets d’envergure tels que la construction du boulevard de « la Libération » et de cités administratives. Mais derrière cette action aux allures de modernisation, se cache un écheveau de combines, de silences coupables et d’enrichissements personnels.


 


Des indemnisations détournées


Ce que l’opinion découvre à mesure que les murs tombent, c’est une réalité bien plus trouble que prévue. Officiellement, plusieurs habitants avaient été indemnisés lors de précédentes opérations d’expropriation. Mais les pratiques qui ont suivi révèlent une série de comportements pour le moins cyniques et opportunistes.


Certains ont perçu des millions de francs CFA, sont partis s’installer ailleurs, parfois en investissant dans d’autres quartiers, tout en continuant à tirer des loyers de leurs anciennes maisons qu’ils n’avaient jamais quittées ni signalées comme indemnisées. D’autres ont tout bonnement revendu les terrains concernés, pourtant indemnisés au titre d’un retrait du domaine public.


 


Le silence complice de certains bénéficiaires


Dans d'autres cas, des bénéficiaires de l’indemnisation n’ont jamais informé leurs familles, ni leurs épouses, ni leurs enfants, du dédommagement perçu. Résultat : les maisons sont restées habitées, parfois même transmises gratuitement à des proches, sans mention de la clause d’évacuation ni de l’origine des fonds.


Certains, plus audacieux encore, ont réinvesti les sommes perçues pour agrandir ou rénover les mêmes maisons qu’ils étaient supposés quitter. À Plaine Orety, on trouve ainsi des bâtisses récemment agrandies, rénovées, parfois même surélevées, sur des terrains pourtant déclarés DUP depuis plusieurs années.


 


Retour sur les lieux, malgré tout


Un autre phénomène préoccupant est celui des bénéficiaires qui, après avoir dilapidé l’argent reçu, sont revenus s’installer sur les lieux, parfois en toute discrétion. Ces retours se sont souvent opérés sans contrôle, contribuant à la reconstitution illégale de quartiers censés avoir été vidés.


 


La difficulté d’un État face aux réseaux informels


Ces comportements illustrent les limites de certaines politiques publiques dans un environnement où l’État peine à imposer durablement son autorité face aux réseaux d’intérêts privés, souvent bien informés et habiles à contourner les règles.


À mesure que les pelleteuses avancent, les récits de magouilles, de non-dits, et de détournement d’indemnisations s’accumulent. Le gouvernement, s’il souhaite mener à bien ses projets d’infrastructure, devra changer le fusil d’épaule, pour éviter que ces pratiques ne se répètent ailleurs.


 


Une relocalisation à clarifier


Au-delà de l’aspect moral et légal, reste la question humaine : que deviendront ceux qui n'ont plus de toit, parfois pris au piège par les manœuvres de leurs propres parents ou bailleurs ? Une clarification urgente s’impose sur les responsabilités de chacun et sur les dispositifs de relogement ou de soutien social réellement disponibles.


 

Par Pamphile EBO

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