INDEMNISÉS DÈS 1991 ET RELOGÉS À ALENAKIRI
Invité sur un plateau spécial de Gabon 1ère, Ludovic Megne Ndong, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, est revenu en détail sur les récentes démolitions de maisons dans les quartiers de Derrière l’Assemblée Nationale et de Plaine-Orety. Une opération que les riverains ont vécue douloureusement, bien que, selon le ministre, elle ait été annoncée de longue date.
« Tout le monde ici le sait depuis une dizaine d'années que l'État a des projets dans cette zone. Ce n'est pas une affaire d'aujourd'hui »
a-t-il rappelé. Il a précisé que cinq missions de sensibilisation avaient été organisées entre août 2024 et mai 2025. Malgré cela, certains habitants ont choisi de rester sur les lieux et de poursuivre les travaux de construction, contre les recommandations des autorités.
Le membre du gouvernement a insisté sur l’enjeu d’intérêt général que représente ce projet : l’élargissement des bassins versants et l’aménagement de nouvelles voies de contournement pour lutter contre les inondations récurrentes.
« Nous n'avons pas le choix. Il nous faut développer notre pays et ça va être à ce prix-là »
a-t-il déclaré.
D’après lui, les constructions se trouvent sur un domaine public appartenant à l’État, et une déclaration d’utilité publique a été émise pour permettre la réalisation de grandes infrastructures, dont la cité administrative et le boulevard de la transition. Il a également rappelé que ce projet ne date pas d’hier, mais est un vieux programme que le gouvernement de la transition a décidé de relancer après août 2023.
« Ce site, c’est un domaine de l’État. Le statut foncier porte le symbole “I” qui représente la République gabonaise »
a précisé Ludovic Megne Ndong. Il a indiqué que le projet concerne une large zone allant de Derrière l’Assemblée nationale jusqu’à proximité de l’ambassade de Russie, en passant par le ministère des Eaux et Forêts et le centre commercial Mbolo.
Si la justification technique et administrative du projet semble solide du point de vue du ministère, le ministre a néanmoins reconnu les soubressauts sociaux engendrées par l’opération de déguerpissement.