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INTERLOCUTEUR UNIQUE

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Alors qu’il pourrait devenir un acteur majeur de la finance climatique, le Gabon peine à valoriser ses crédits carbone. La cause ? Une mosaïque d’administrations publiques qui se livrent à un chevauchement de compétences.

Alors qu’il pourrait devenir un acteur majeur de la finance climatique, le Gabon peine à valoriser ses crédits carbone. La cause ? Une mosaïque d’administrations publiques qui, loin de jouer leur partition en harmonie, se livrent à un chevauchement de compétences, plongeant le pays dans un atterrissage institutionnel regrettable.


Selon des informations recueillies auprès du ministère de l’Environnement, cette cacophonie a poussé le ministre Mays Mouissi à réunir les principaux pôles de décision impliqués dans la gestion du carbone. Autour de la table : le Conseil National Climat, l’Agence des Parcs Nationaux, la CDC, le CNRT, l’AGEOS, le FGIS ou encore l’Agence pour l’Économie Verte. Une configuration qui, à ce jour, maintient le pays dans les balbutiements d’une gouvernance encore floue.


Pour redresser la barre, Mays Mouissi a proposé un double mécanisme de coordination : un comité exécutif réunissant les têtes d’affiche de chaque entité, et un comité technique composé de points focaux. L’objectif est de clarifier les rôles, fluidifier l’échange d’informations, et surtout, accélérer la mise en œuvre des projets en cours.


Car l’enjeu est de taille. Chaque année, le Gabon séquestre environ 140 millions de tonnes de CO₂, contre seulement 35 millions émises. Un différentiel de plus de 100 millions de tonnes, monnayable sur les marchés internationaux. Le pays a déjà joué la carte de la coopération climatique, avec en 2021, un financement de 9,6 milliards de Fcfa accordé par la Norvège, saluant les efforts gabonais entre 2016 et 2017.


Mais cette avancée laisse aujourd’hui place à plusieurs ombres au tableau. L’absence d’un guichet unique entretient une paralysie qui laisse en haleine les partenaires potentiels. Le Gabon doit désormais structurer sa gouvernance carbone s’il veut sortir des atermoiements et pleinement tirer profit de son rôle de puits mondial de carbone.




Par Pamphile EBO

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