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GABON / PÊCHE : VERS LA RENÉGOCIATION DE L’ACCORD AVEC L’UNION EUROPÉENNE

GABON / PÊCHE : VERS LA RENÉGOCIATION DE L’ACCORD AVEC L’UNION EUROPÉENNE
La valorisation des ressources halieutiques fait partie des ambitions du Gabon dans le cadre de la consolidation de sa souveraineté économique. À cet effet, le Conseil des ministres a autorisé le gouvernement a dénoncé l’accord avec l’Union européenne dont les évaluations récentes révèlent un déséquilibre manifeste au détriment du Gabon.

Signé en 2007 et renouvelé à plusieurs reprises, l’Accord de partenariat de pêche durable entre le Gabon et l’Union européenne autorise les navires européens, principalement français et espagnols, à pêcher dans les eaux gabonaises, en contrepartie d’une compensation financière et d’un soutien à la gestion des pêches au Gabon. Chaque année, ce sont près de 32 000 tonnes de poissons qui sont capturés.


Réunis en conseil des ministres, ce 4 juin, les autorités gabonaises ont mis un accent particulier sur les limites structurelles de cet accord dont le dernier renouvellement, en cours, prend fin en 2027.


Les évaluations récentes révèlent un déséquilibre  manifeste au détriment du Gabon, notamment sa formulation actuelle, qui ne saurait être reconduit en  l’état, le caractère profondément déséquilibré du  partenariat, dont les retombées économiques pour l’état gabonais  restent largement insuffisantes, au regard de la richesse extraite des eaux territoriales par les flottes européennes. 


Par ailleurs, les recettes  issues de cet accord ne compensent ni la valeur réelle des  captures, ni les coûts assumés par l’État en matière de surveillance  et de contrôle, ni les pertes de valeur ajoutée dues à l’absence de  transformation locale.


Autres limites pointées du doigt par le Conseil des ministres, la faiblesse des  investissements consentis par les partenaires au titre du développement  local, de l’emploi ou du renforcement des capacités nationales, ainsi  que les risques accrus de surexploitation des ressources halieutiques,  en l’absence de mécanismes partagés de transparence et de suivi  scientifique. 


 


Procédure de dénonciation unilatérale


 


La démarche du Gabon consistera  à  mettre en œuvre une procédure de dénonciation unilatérale de  l’Accord, par voie de notification écrite adressée à la Commission  européenne, conformément à l’article 13 dudit accord. L’objectif de cette dénonciation est d’ouvrir la voie à une possible renégociation sur des bases rééquilibrées ou à l’exploration de nouveaux  partenariats plus alignés sur les priorités nationales.


En droite ligne avec l’exigence de mise  en œuvre rapide et effective, le gouvernement  est appelé à s’impliquer pleinement, dans  la  mise en place de prérequis essentiels indispensables à la souveraineté économique dans le secteur de la pêche, notamment la réalisation des infrastructures indispensables au développement de cette filière, les zones  de débarquement modernes, entrepôts frigorifiques, unités de  transformation industrielle, chantiers navals, etc. 


Le Conseil des ministres a, par ailleurs, souligné que la structuration  d’une véritable filière thonière nationale est créatrice d’emplois, de  valeur ajoutée et de souveraineté, et constitue désormais un objectif  stratégique prioritaire, appelant une mobilisation immédiate et  cohérente des administrations concernées ainsi que la recherche active  de partenaires privés solides. 

Par Estelle Diane AMVANE

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