ANTIRÉTROVIRAUX GARANTIS
Le ministre de la Santé, le Pr Adrien Mougougou, a assuré ce lundi 2 juin 2025 que les antirétroviraux (ARV) seront disponibles jusqu'en 2026. Une mesure qui met fin aux ruptures qui avaient plongé de nombreuses personnes vivant avec le VIH/Sida dans une situation de précarité sanitaire.
Cette déclaration fait suite à une rencontre entre le ministre et le bureau du Réseau Gabonais des Personnes vivant avec le VIH/Sida (REGAP), dirigé par son président Jean Baptiste Bakoko. Élu en juillet 2024, le REGAP a présenté son programme d’actions visant à renforcer la mobilisation des personnes malades, encourager l’adhésion au traitement et prévenir la transmission du virus. Jean Baptiste Bakoko a souligné l’importance de cette démarche : « Il s’agit d’une attitude de courage et de grande responsabilité dans une société rendue vulnérable par la précarité et les tentations diverses, que les nouvelles autorités de la 5e République doivent encourager ».
Les témoignages des vice-présidents du REGAP, Justine Anguezome, Alain Oyono Eya, et de la conseillère Marguerite Aymbon Nze, ont rappelé les défis rencontrés depuis près de 30 ans dans la lutte contre le VIH/Sida au Gabon. Actuellement, le pays compte plus de 28 000 personnes séropositives, dont 65 % sont démunies et incapables de supporter les frais des bilans médicaux réguliers, évalués à environ 200 000 FCFA par an. Cette situation explique en partie que plusieurs malades soient « perdus de vue » et échappent au suivi médical.
En réponse, le Pr Adrien Mougougou a annoncé l’acquisition, avec l’appui du Fonds mondial et de l’Organisation mondiale de la Santé, de 25 appareils pour réaliser des bilans, notamment la charge virale, principal examen de contrôle et de surveillance. Cette mesure vise à réduire les coûts pour les patients et à améliorer le suivi médical.
Par ailleurs, le REGAP a sollicité du ministre un plaidoyer auprès des autorités compétentes pour l’obtention d’un siège permettant d’accueillir, écouter et accompagner les malades parfois rejetés par leurs familles, ainsi qu’une subvention annuelle pour faciliter leur mobilité sur le terrain.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du développement de la santé communautaire et de la collaboration avec les ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Éducation nationale. Elle vise à renforcer la sensibilisation, le dépistage et la prévention du VIH/Sida à travers le pays.