RECULE EN BOURSE
Le titre du groupe minier français Eramet a brusquement décroché ce lundi 2 juin 2025, à l’ouverture de la Bourse de Paris, perdant jusqu’à 5,5 % avant de limiter sa chute à environ 4 % vers 08h00 GMT. Cette baisse fait suite à une annonce politique d’envergure. Le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a déclaré vouloir interdire l’exportation de minerai de manganèse brut à partir de 2029, au cours dernier conseil des ministres du 30 mai 2025.
Cette décision, qui vise à encourager la transformation locale des ressources minières, pourrait bouleverser les opérations d’Eramet au Gabon. Le pays, deuxième producteur mondial de manganèse, a extrait 7,4 millions de tonnes en 2023. Or, Eramet y est solidement implanté depuis plus de 30 ans à travers ses filiales Comilog (extraction) et Setrag (transport ferroviaire), qui génèrent ensemble plus de 10 460 emplois directs et indirects.
Dans un communiqué diffusé dans la matinée, le groupe a affirmé avoir "pris acte" de l’annonce présidentielle. Il se dit prêt à maintenir un dialogue constructif avec les autorités, réaffirmant sa volonté de s’adapter aux priorités du pays. Eramet insiste sur sa contribution au développement économique local et souligne l’importance stratégique du Gabon, dont les réserves de manganèse sont estimées à près de 2 milliards de tonnes.
“La décision gabonaise reflète une tendance mondiale à la souveraineté minière, qui oblige des acteurs comme Eramet à réorienter leur modèle vers une industrialisation locale, avec des implications financières et logistiques majeures. Bien que cette incertitude réglementaire ait temporairement ébranlé la confiance des marchés, elle pourrait à terme renforcer la position stratégique d’Eramet en Afrique s’il parvient à s’adapter efficacement”
explique un économiste.
Cette annonce intervient peu après la présentation d’un ambitieux plan d’investissement de 85,2 milliards de FCFA (environ 130 millions d’euros) par le groupe pour relancer sa production dans le pays.
Si la réaction des marchés souligne l’inquiétude des investisseurs face à cette incertitude réglementaire, Eramet semble décidé à faire évoluer son modèle au Gabon vers davantage de transformation locale, conformément à la nouvelle ligne politique du pays.