PRESSION MONTE
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, voit son cercle se rétrécir et son avenir judiciaire s’assombrir. Jeudi 22 mai 2025, le Sénat a officiellement levé son immunité parlementaire, ouvrant la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires. Une décision qui ravive la polémique et les ressentiments autour de sa gestion passée du pouvoir, que certains accusent d’avoir gangrené les institutions congolaises.
Dans la foulée, les autorités ont mis la main sur plusieurs de ses anciens collaborateurs de confiance. Parmi eux, Martin Kabwelulu, ex-ministre des Mines pendant plus de dix ans, et figure influente du Katanga. Dans la nuit, vers 3 heures du matin (ce 24 mai 2025), des équipes mixtes, agents en civil et militaires en treillis, ont fait irruption à son domicile. L’opération, décrite comme calme mais déterminée, a mené à son interpellation. Conduit au Conseil national de cyberdéfense, Kabwelulu est soupçonné d’avoir couvert ou facilité des manœuvres liées à l'acquisition contestée de carrés miniers, potentiellement au bénéfice de Joseph Kabila lui-même.
Son épouse, ancienne députée, a également été embarquée brièvement avant d’être relâchée. L’un de leurs enfants a pu leur rendre visite, mais l’accès de l’avocat a été interdit, ce qui a été dénoncé par plusieurs observateurs comme une entrave aux droits de la défense.
Autre figure tombée : le général Pierre Banywesize, longtemps chef de la sécurité rapprochée de Kabila. Présent à Kinshasa, selon ses proches, pour demander une autorisation de soins médicaux à l’étranger, il a été arrêté dans des conditions encore floues. Le lieu et les circonstances exactes de sa détention n’ont pas été communiqués, ce qui alimente les suspicions d’un coup monté.
Cette série d’arrestations, combinée à la levée de l’immunité de l’ancien président, illustre un durcissement spectaculaire de la stratégie des autorités, déterminées à mettre hors d’état de nuire ceux qu’elles considèrent comme responsables d’avoir bafoué les ressources nationales. Pour certains analystes, il s’agit d’un coup de filet destiné à écraser toute tentative de retour en grâce de l’ancien régime.