1500 VICTIMES
Une vague d’indignation parcourt les réseaux sociaux et les rues du pays depuis le 20 mai 2025. Des milliers de Gabonaises et Gabonais se disent une fois de plus pris au dépourvu, après avoir investi leurs économies dans une plateforme en ligne baptisée Safety, qui promettait des revenus via l’élevage… d’animaux virtuels.
Une escroquerie d’un nouveau genre, qui rappelle tristement les précédents scandales comme BA SARL, JDS Technologie ou encore Sonedix. Sauf qu’ici, la mécanique bien huilée du piège semble avoir tondu la laine sur le dos de plus de 1500 investisseurs.
Au cœur de l’arnaque : une application à l’interface rassurante, des retours sur investissement rapides et alléchants, et surtout, une stratégie bien rodée.
« J’ai commencé avec 180 000 francs pour un animal censé me rapporter 9 000 francs par jour »
raconte Solange, une jeune coiffeuse de la capitale au micro de Clif Tchinga Mavoko de TV+Afrique.
« Quand j’ai vu les premiers gains tomber, j’ai eu confiance. J’ai réinvesti encore et encore. Aujourd’hui, je suis à bout de souffle. C’est tout mon petit commerce que j’ai mis là-dedans »
Selon les premières investigations, les dirigeants de Safety n’ont jamais occupé les locaux loués à Libreville. Le site, bien qu’accessible, semble aujourd’hui inactif, et les responsables demeurent introuvables. Un suspect aurait toutefois été interpellé dans le cadre de l’enquête, apprend-on de source judiciaire.
Dans les groupes d’investisseurs créés sur les messageries, la sidération est totale.
« On devait recevoir un bonus après avoir acheté un nouvel animal à 100 000 francs. Deux jours plus tard, silence radio. On a compris qu’on s’était fait avoir… »
déplore Thierry, un autre investisseur.
Pour certains, la chute est brutale, voire irréversible.
« C’est la première fois que j’investis en ligne. Je ne savais pas qu’il y avait des gens capables de ça. Je me sens roulée dans la farine. Je n’ai plus mes larmes pour pleurer»
Ce schéma de Ponzi bien déguisé s’appuyait sur une mécanique bien connue : verser les gains des premiers arrivés grâce aux fonds des nouveaux entrants. Une tactique efficace, jusqu’au jour où tout s’écroule, et que les victimes se prennent les pieds au tapis.
La supercherie a provoqué un tollé général. Sur les réseaux, les messages affluent. Certains évoquent même une volonté de se faire justice eux-mêmes, faute de réponses concrètes de la part des autorités.
« Ils nous ont pris pour des naïfs. Mais ça ne va pas rester comme ça. On veut des noms, des visages. On veut comprendre comment des malfaiteurs peuvent encore opérer si facilement ici »
Cette affaire pose une fois de plus la question de la régulation des plateformes numériques d’investissement, souvent hors de tout cadre légal.