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Le projet Taxis-Gab Plus, mis en place pour sortir les Gabonais de la précarité, est une zone de turbulences pour le suivi des piètres chauffeurs.

Le projet Taxis-Gab Plus, mis en place pour sortir les Gabonais de la précarité, est une zone de turbulences pour le suivi  des piètres chauffeurs. De nombreux chauffeurs, pourtant engagés par contrat à respecter des règles strictes, semblent aujourd’hui prendre des libertés, notamment en ce qui concerne le versement quotidien des recettes. Face à cette situation, le directeur général du projet, Fouty Obeye Curt Myricks, a exprimé son mécontentement.


"Je n'ai malheureusement pas le choix que de résilier les contrats"


a-t-il déclaré. D’un ton ferme, il a souligné que les pratiques actuelles de certains conducteurs vont à l’encontre des objectifs du projet. Ce dernier, rappelons-le, a été lancé sous l’impulsion du président de la République dans l’optique de créer une activité génératrice de revenus pour les Gabonais.


 Fouty Obeye Curt Myricks ne mâche pas ses mots :


"Quand on nous dit que certains chauffeurs sont malades mais que nos GPS montrent que leur véhicule roule dans les rues de Libreville, il y a un vrai problème. Ce projet ne peut pas devenir une cour de récréation"


La principale obligation des bénéficiaires de Taxis-Gab Plus est simple : verser chaque jour une redevance de 20.000 francs CFA. Une somme qui, selon la direction, permet d’assurer la viabilité du projet. Mais nombre de chauffeurs n’arrivent pas à respecter cette exigence.


Benjamin Obame, un entrepreneur affilié au programme, reconnaît la difficulté, mais insiste sur l'importance du respect des règles :


"Le versement des recettes est l’obligation qui fâche le plus, mais c’est la plus importante. Taxis-Gab a besoin de ces recettes pour fonctionner"


D’après la direction générale, les retards de paiement sont devenus fréquents. Certains conducteurs accumulent plus de 60.000 francs CFA d’arriérés, ce qui déclenche automatiquement des rappels et parfois, la mise en fourrière du véhicule.


"Nous avons une liste de 2.700 Gabonais qui attendent d’intégrer ce projet. Chaque place est précieuse"


rappelle Curt Myricks.


Pour la direction, l’argument des difficultés techniques comme les plaquettes de frein ou l’huile moteur ne justifie pas tout. D’autant que l’entretien courant du véhicule incombe en premier lieu au chauffeur. C’est ce que confirme Éric Florian Mbina, lui-même chauffeur Taxis-Gab :


"Nous avons la responsabilité de verser nos 20.000 francs par jour et de faire l’entretien de base du véhicule. Ce n’est pas facile, mais c’est le contrat"


Toutefois, certains conducteurs affirment être en situation précaire et dénoncent une forme de pression excessive. Ils aimeraient plus de compréhension, notamment en cas d’indisponibilité médicale ou de panne mécanique. Mais pour la direction, les faits sont là : certains véhicules tournent jour et nuit, accumulant deux fois plus de kilomètres que d’autres sans que cela se reflète dans les paiements.


"Nous ne pouvons plus tolérer l’indiscipline"


martèle Fouty Obeye Curt Myricks. Il rappelle que ce projet vise à offrir une vraie chance à ceux qui en ont besoin, pas à devenir un système d’exploitation abusive.


Les manquements au contrat ne seront plus tolérés. Et face à la forte demande, les chauffeurs en place sont appelés à faire preuve de plus de rigueur, au risque de perdre définitivement leur véhicule.




Par Pamphile EBO

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