LA BEAC INJECTE 400 MILLIARDS DE FCFA DANS LES BANQUES DE LA CEMAC
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a jeté toutes ses forces dans la bataille le 15 avril 2025 pour redynamiser les économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). L’institution d’émission a ainsi lancé une nouvelle offre de liquidité d’un montant colossal de 400 milliards de FCFA (soit 680 millions de dollars), à l’endroit des banques commerciales opérant dans les six pays membres : Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine. Une opération qui, à bien des égards, s’apparente à une pièce maîtresse de sa stratégie monétaire actuelle.
C’est la seconde offre de ce niveau en l’espace d’une semaine, un fait suffisamment rare pour être souligné. En effet, dès le 8 avril, la BEAC avait déjà proposé un montant identique, une initiative alors accueillie avec enthousiasme : les établissements bancaires avaient capté 360 milliards de FCFA, laissant entrevoir des coffres désormais pleins à ras bord. Fort de ce succès, l’institut d’émission joue la carte de la continuité, convaincu que les banques — galvanisées par ce vent nouveau — tireront profit de cette manne pour irriguer les économies locales.
La BEAC, qui durant près de trois ans avait veillé au grain dans une logique d’austérité, semble aujourd’hui avoir le feu vert pour desserrer l’étau monétaire. Le 24 mars dernier, elle a abaissé ses taux directeurs pour la première fois depuis fin 2021 — un geste alléchant pour les acteurs financiers. Le taux d'intérêt des appels d'offres (TIAO), taux auquel les banques se refinancent auprès de la BEAC, est ainsi passé de 5% à 4,5%. Ce repli stratégique vise à faciliter l’accès des banques à la liquidité, avec en ligne de mire une baisse des taux d’intérêt sur les crédits destinés aux ménages et entreprises.
Un geste qui illustre une institution déterminée à prêter main forte à des économies en quête de souffle. Et pour cause : les défis économiques post-pandémiques, conjugués aux chocs exogènes récents, ont lourdement pesé sur les capacités de financement de la sous-région.
En relançant ce mécanisme de refinancement à grande échelle, la BEAC compte sur le bouche-à-oreille du secteur financier pour redonner du dynamisme au crédit. La banque centrale s’impose aujourd’hui comme l’avocat d’un financement plus inclusif.
La dynamique actuelle, si elle se confirme, promet un menu étoffé de solutions pour les porteurs de projets, les PME en mal de trésorerie et les États à la recherche de ressources locales. La BEAC a carte blanche pour agir, et elle semble sur un petit nuage, convaincue d’être sur la bonne voie.
Désormais, les banques commerciales entrent en lice pour transformer cette manne en levier de croissance. Leur réceptivité à l’offre du 8 avril prouve qu’elles ne veulent pas céder aux sirènes de la frilosité. Et si la tendance se poursuit, la BEAC pourrait bien faire de ces opérations l’un des fleurons de sa collection d’outils de relance.
Les résultats de l’opération du 15 avril restent attendus, mais dans les coulisses, tout indique que les établissements bancaires sont sur un nuage à l’idée de bénéficier d’un accès assoupli à la liquidité centrale.