ALAIN-CLAUDE BILIE-BY-NZE : " C'EST CELUI À QUI LES GABONAISES ET LES GABONAIS ONT FAIT CONFIANCE. 20.000 PERSONNES, CE N'EST PAS RIEN"
Au lendemain de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 12 avril 2025, Alain-Claude Bilie-By-Nze, candidat malheureux, a pris la parole pour livrer un message. Pour celui qui est souvent associé au régime déchu d’Ali Bongo Ondimba, cette élection est une renaissance politique.
Face aux 870 000 voix remportées par l’écrasant vainqueur Brice Clotaire Oligui Nguema, ACBN ne se laisse pas abattre.
"Ce n’est plus l’ancien ministre d’Ali Bongo, mais celui à qui les Gabonaises et les Gabonais ont fait confiance. 20 000 personnes, ce n’est pas rien dans un pays comme le nôtre"
a-t-il affirmé.
Alain-Claude Bilie-By-Nze revendique ce socle électoral comme une base solide pour bâtir l’avenir. Selon lui, ce résultat est loin d’être un échec. Il s'agit plutôt d’un point de départ pour construire une alternative crédible, dans un contexte où l’autorité actuelle, issue de la transition militaire, commence déjà à montrer ses limites.
"Les Gabonais savent désormais ce que je pense. Ils savent qu’une autre voie est possible face aux militaires, dont l’échec est patent"
martèle-t-il, en dénonçant des scores électoraux "surréalistes" dans certaines provinces, frôlant les 98 %.
Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, ces chiffres, loin d’être des signes de légitimité, sont surtout des sources d’inquiétude :
"98 % d’attente, c’est une lourde charge qu’il faudra savoir porter. Et je serai là, vigilant, aux côtés des Gabonais"
L'ancien Premier ministre assume pleinement sa candidature, qu’il présente comme un acte de foi en la démocratie, malgré le déséquilibre évident du rapport de forces.
"Je suis allé à cette élection conscient qu’il y avait en face la machine de l’État, celle de l’armée, du PDG, et de toutes les formations réunies pour faire gagner un homme, peu importe la manière. Mais une campagne, c’est aussi un moment pour porter ses idées. Et je n’aurais pas pu le faire autrement"
S’il reconnaît sa situation et son passé tumultueux, il appelle à dépasser les rancunes et à faire face aux urgences économiques et sociales qui guettent le pays. Les nouvelles autorités, dit-il, auront à affronter une réalité financière "catastrophique", dans un contexte de crise imminente.
"Il faut continuer à travailler pour sortir les Gabonais des peurs et des haines qu’on leur a inculquées. La réalité, elle, ne nous attendra pas. Je souhaite bon vent aux nouvelles autorités, car il en va de l’intérêt du pays"