BRICE CLOTAIRE OLIGUI NGUEMA : UN SEPTENNAT D'ESPOIRS ET DE DÉFIS COLOSSAUX
Plébiscité dans les urnes, Brice Clotaire Oligui Nguema entame un mandat de sept ans sous le sceau de l’espérance. Après une transition de 19 mois marquée par une volonté de rupture, le Président gabonais fraîchement élu doit désormais transformer l’élan populaire en avancées concrètes. Mais la route s’annonce ardue.
Au cœur des attentes : une gouvernance exemplaire, loin des pratiques du passé. La lutte contre la corruption reste un impératif, d’autant plus que certaines figures du régime déchu conservent une influence irritante pour l’opinion publique. L’urgence est aussi sociale : redonner du pouvoir d’achat, apaiser les tensions liées aux délestages d’eau et d’électricité, et régulariser les rappels dus aux fonctionnaires et les bourses aux étudiants.
Sur le front économique, le président doit accélérer la diversification. Trop dépendant du pétrole, le Gabon regarde vers Belinga et son fer, vers le ciel avec Fly Gabon, vers la mer avec le port en eau profonde de Mayumba, et vers la terre avec l’agriculture et l’élevage. Ces secteurs stratégiques doivent porter une croissance inclusive. L’industrialisation locale est également attendue comme un levier d’emplois et de souveraineté.
La santé reste un défi national. La réforme de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et l’égal accès aux soins figurent parmi les priorités. Tout comme la décentralisation, longtemps annoncée, jamais concrétisée, qui pourrait redessiner les équilibres territoriaux et rapprocher les décisions du citoyen.
Mais les marges de manœuvre sont étroites : la dette publique, proche de 70 % du PIB, pèse lourd. Elle devra être orientée vers l’investissement, non vers le fonctionnement d’un État souvent jugé dispendieux.
Oligui Nguema le répète :
« Mon seul adversaire, c’est la pauvreté»
Mais la misère, elle, n’attendra pas sept ans. Les Gabonais, eux, veulent voir. Et vite. Le temps des discours est révolu : l’heure est à l’action.