À OWENDO, LES HABITANTS RISQUENT L'ÉLECTROCUTION
Le phénomène des branchements électriques anarchiques est l’un des fléaux les plus dévastateurs et écœurants qui frappe le Gabon. Et la commune d’Owendo, en particulier derrière le carrefour SNI dans le premier arrondissement de cette commune, n’échappe malheureusement pas à cette triste réalité.
Dans cette zone délaissée par les infrastructures nécessaires, les câbles électriques sont éparpillés à même le sol, suspendus aux murs des maisons ou enroulés autour de structures improvisées, faute de poteaux adéquats de la part de la société d'eau et d'énergie du Gabon (SEEG). Une situation qui expose dangereusement les habitants, notamment les enfants, à des risques électrocution, en particulier lors des pluies, lorsque l’humidité et la masse de l'eau amplifient la menace.
Anne-Clarisse Olimba, la doyenne du quartier, résume cette situation avec une lucidité poignante : "Il y a des câbles de courant partout, partout là où il y a des enfants qui sont présents. Le danger auquel les résidents font face chaque jour est omniprésent. Lorsqu’il pleut, l’eau se mêle aux câbles laissés à même le sol, créant une menace permanente pour ceux qui vivent dans cette précarité électrique.
"Mais il n'y a pas de poteaux, on n'a pas de poteaux, on vit avec ça. Quand il pleut, il y a la masse, puisque les câbles sont à même le sol. Il y a la masse"
explique Anne-Clarisse.
Elle évoque l'incertitude et la terreur des habitants chaque fois que les nuages s'assombrissent.
Au-delà du problème électrique, ce quartier fait face à une double peine. Le manque d'accès à l’eau potable est une autre question épineuse qui affecte la vie quotidienne des résidents.
"Il n'y a pas d'eau, on a les problèmes de l'eau, on a les problèmes de courant. Regarde là où on habite, si loin derrière. Mais les compteurs sont au carrefour SNI là-bas, ce n’est pas normal"
déplore la doyenne.
La déconnexion entre l'emplacement des compteurs et l'accès effectif à l’électricité et à l’eau soulève une profonde injustice sociale.
L'absence de routes et d’infrastructures de base rend également l’accessibilité extrêmement difficile. Ce qui complique encore davantage les conditions de vie déjà précaires des habitants. Dans ce contexte de sous-intégration, ces populations vivent dans une précarité matérielle et une insécurité constante, espérant qu'une intervention des autorités puisse changer leur quotidien.
Face à ce constat accablant, Anne-Clarisse Olimba, porte-parole des habitants du quartier, lance un appel désespéré aux autorités.
"Il n’a qu’à nous regarder, il n’a qu’à venir voir ici pour le problème des poteaux de courant, surtout le courant avec les enfants. Tout ça là, il n’a qu’à essayer un peu de voir ça"
Les mots de la doyenne reflètent un sentiment d'abandon des riverains qui n’ont d’autres choix que de se remettre aux autorités dans l’espoir d’une solution.
Il n’y aucun doute. Les riverains vivent dans une zone à haut risque. Les câbles électriques en désordre sont omniprésents, l’eau est un bien précieux et rare, et l’accès à des infrastructures de base, telles que les routes, est inexistant. C’est un quotidien fait de luttes pour la survie, où chaque jour est un pari entre la vie et la mort.

Les autorités doivent impérativement prêter attention à cette situation alarmante. Les dangers liés aux branchements électriques anarchiques ne peuvent plus être ignorés.
