LA DOUBLE NATIONALITÉ DE TIDJANE THIAM, UN TERRAIN MINÉ EN VUE DE LA PRÉSIDENTIELLE IVOIRIENNE
L’ombre de la question identitaire plane lourdement sur la campagne présidentielle ivoirienne de 2025. Tidjane Thiam, président du PDCI et candidat déclaré, est en ligne de mire, ciblé par des attaques récurrentes concernant sa double nationalité franco-ivoirienne et ses origines sénégalaises.
Le 6 février dernier, Thiam a officialisé sa demande de renonciation à la nationalité française, un geste symbolique visant à apaiser les tensions. Toutefois, les critiques persistent, nourries par des propos souvent discriminatoires et manipulatoires.
Le cœur du débat réside dans l’obtention de la nationalité française par Thiam en 1987, suite à son brillant parcours à l’École des mines de Paris. Cette attribution automatique, sans demande de sa part, est utilisée comme un argument pour le disqualifier, alors que les accusations se fondent sur une lecture biaisée du passé colonial et des pratiques d'octroi de la nationalité française.
L’incident récent, impliquant le ministre Célestin Doh Serey, illustre parfaitement la nature de ces attaques. En demandant à la foule
"de quelle région appartient le nom Thiam"
il alimente une rhétorique xénophobe et tribaliste, visant à stigmatiser l'identité du candidat.
Le PDCI a réagi avec fermeté, qualifiant ces propos de "xénophobes, tribalistes et mensongères"
et réclamant la démission du ministre. Le PPA-CI, parti de Laurent Gbagbo, a également dénoncé cette hypocrisie, rappelant la présence de patronymes non ivoiriens au sein même du RHDP, le parti au pouvoir.