Trump reproche à Kiev d’avoir provoqué la guerre en Ukraine
Les déclarations incendiaires du Président américain Donald Trump concernant l’Ukraine ce 18 février 2025, n’ont fait qu’aggraver les tensions diplomatiques déjà vives, en particulier après que le pays a été exclu des négociations de paix entamées à Riyad, en Arabie Saoudite, plus tôt dans la journée. Ce nouveau revers pour Kiev survient alors que des discussions cruciales sur l’avenir de la guerre en Ukraine se tenaient entre des délégations américaines et russes de haut niveau, sans la présence de représentants ukrainiens.
L'ex-président Joe Biden avait, par le passé, qualifié les actions de la Russie en Ukraine de
"génocide"
mais Donald Trump, quant à lui, a pris un tournant radicalement opposé. En effet, le locataire actuel de la Maison-Blanche a évité toute critique de l'armée russe, préférant plutôt accuser l'Ukraine de la situation actuelle. Lors d'une conférence de presse qui a suivi la signature d’un décret, Trump a affirmé que l’Ukraine avait
"commencé la guerre"
et a suggéré que la guerre aurait pu être évitée si un accord avait été signé plus tôt.
"Vous n’auriez jamais dû commencer la guerre. Vous auriez dû conclure un accord"
a-t-il lancé, tout en insistant sur le fait que la guerre ne serait jamais survenue s’il avait été président. Selon lui, un compromis aurait permis à l'Ukraine de conserver la majorité de ses terres tout en épargnant des vies humaines. Trump a également répondu à une question sur l'absence d'invitation de l'Ukraine aux négociations en déclarant, sans ménagement, :
"Eh bien, cela fait trois ans qu'ils ont un siège à la table des négociations"
Les commentaires du président américain ont rapidement suscité l'indignation à Kiev. Plus tôt dans la journée, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a dénoncé l’initiative de négocier la guerre sans la participation de son pays et a annoncé qu'il reportait sa visite à Riyad, où il devait rencontrer une délégation américaine le 19 février.
L'absence de l'Ukraine de cette table des négociations a aussi été critiquée par les alliés européens de l'Ukraine, qui ont fait part de leur inquiétude quant à l’avenir des relations internationales et de la diplomatie européenne vis-à-vis de la Russie. Ces discussions se sont concentrées non seulement sur la guerre en Ukraine, mais aussi sur des sujets tels que le renforcement des liens économiques et géopolitiques entre les États-Unis et la Russie, et sur la possibilité de normaliser leurs relations diplomatiques.
Cette initiative fait suite à une conversation téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine la semaine précédente, au cours de laquelle les deux dirigeants ont convenu de lancer des négociations "immédiates" pour mettre fin au conflit en Ukraine. L’orientation de Trump semble marquer une rupture nette avec la politique de son prédécesseur, Joe Biden, qui a cherché à isoler la Russie sur la scène internationale, en imposant des sanctions et en fournissant des armes à l’Ukraine.
Dans un discours qui a pris des allures de soutien tacite à la position russe, Trump a aussi remis en question la légitimité démocratique du Président Zelensky, alléguant que le taux d'approbation de ce dernier était "seulement de 4 %". Bien qu’un sondage de l’Institut de sociologie internationale de Kiev publié en janvier indique que 52 % des Ukrainiens soutiennent Zelensky, Trump a insisté en affirmant que le pays était devenu un "site de démolition".
Dans un contexte où les négociations de paix prennent un tournant décisif, le soutien de Trump à la position du Kremlin semble être en parfaite contradiction avec les appels à la solidarité et à la prudence lancés par l'Union européenne. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a exprimé des préoccupations concernant la tentative de la Russie de semer la division au sein des alliés, insistant sur le fait qu'une "paix juste et durable" doit être négociée selon les termes de l'Ukraine.
En parallèle, Fox News, un média favorable à Trump, a rapporté que la Russie exigeait des élections en Ukraine avant toute signature d’accord de paix. Cette hypothèse pourrait signifier des changements radicaux dans la gestion de la guerre en Ukraine, et potentiellement des concessions inacceptables pour le gouvernement ukrainien.