PAS UNE GOUTTE D'EAU AU CHANTIER MODERNE
Libreville, 6e arrondissement, Chantier Moderne. Un cri silencieux monte de ce quartier, réputé pour sa modernité, mais aujourd'hui confronté à une crise qui assombrit le quotidien des riverains : la pénurie d'eau potable. Des habitants, exaspérés, dénoncent une situation intolérable, contraints de parcourir de longues distances pour se procurer une ressource vitale.
Les robinets sont secs, les bidons et les récipients remplis dans des brouettes deviennent les seuls recours. Philomène, habitante du quartier, explique la dureté quotidienne :
"Ici là il y avait de l'eau auparavant. Mais depuis le débuts de cette année 2024, l’eau ne vient presque plus. Quand l’eau vient, c’est à 4 heures du matin. Je ne peux pas sortir avec mon âge là. Si je sors pour aller puiser l'eau à 4 heures du matin, à 5 heures c'est déjà parti. Là pour boire l'eau, il faut que j'aille payer une bouteille ou un bidon d'eau pour mes petits-fils. L’eau que je paye est pour qu'on se lave. Nous n'avons personne qui puisse nous aider. Il n'y a que toi seul. Aide-nous"
a déclaré Philomène au micro de Jessica Mba de TV+ Afrique.
La Société d'Énergie du Gabon (SEEG), qui a le monopole de la distribution d'eau au Gabon, semble ignorer les appels à l'aide des habitants. L’étau se resserre autour des populations. Philomène décrit un tableau noir de la situation :
"La SEEG arrive et bloque le compteur. On trouve un coupon. On nous montre une facture. On ne peut se plaindre. Nous sommes obligés de payer des cuves d'eau à 10.000 FCFA le litre. Et à la SEEG on paye une facture. On paye aussi les gens qui viennent nous livrer de l’eau donc on a double facture"
Chantier Moderne est loin d'être un phénomène isolé. Cette situation précaire touche presque toute la capitale et met la population gabonaise en danger.
L'accès à l'eau potable est un droit fondamental, et le manque de cette ressource vitale menace le bien-être et la santé des populations. Les autorités du CTRI doivent s'atteler à résoudre ce problème avec urgence.