UOB: PLAQUE TOURNANTE DU TRAFIC DES STUPÉFIANTS À LIBREVILLE
Malgré la fermeture du « Boum-cœur », jadis repaire de vente et de consommation, le fléau persiste. Lors d'une audition devant les députés de la transition, le ministre de l'Intérieur a exprimé son inquiétude face à la situation. Hernamm Immongault a souligné que les trafiquants et les consommateurs n'hésitent pas à cibler les apprenants.
Un témoignage anonyme, recueilli par les soins de TV+Afrique, décrit une scène qui fait froid dans le dos:
« Mon condisciple, revenant d’un raccourci, a été interpellé par des individus. Ils lui ont exigé son téléphone, un iPhone 14. Face à son refus, l’un d’eux a sorti un couteau ».
La violence s’insinue dans le campus de l'UOB.
Si certains étudiants pratiquent la vente et la consommation, les principaux acteurs du trafic, selon Joe Fils Moukambi, un étudiant master, ne sont pas les étudiants.
« Les externes » sont les principaux responsables de l'intrusion de la drogue à l'intérieur de l'UOB. L'absence de sécurité, une constante depuis des années, permettrait à qui le veut d’accéder à l'enceinte universitaire sans surveillance.
Les syndicats étudiants ont, dans leurs revendications, inscrit la sécurisation de l'institution. Malgré cette prise de conscience, le problème demeure entier. Mathurin Ovono Ebe, enseignant-chercheur, dénonce l'absence de portiques de contrôle et l'irruption de vendeurs ambulants dans les amphithéâtres.
« Il faudrait des portiques de sécurité. Il est inconcevable que des vendeurs proposent des produits avariés dans les salles de cours. Il est inconcevable que pendant qu'on fait cours, les vendeurs à la sauvette fassent irruption dans les salles et amphithéâtre pour proposer leurs produits parfois avariés aux étudiants. Le jour où un étudiant sera intoxiqué c'est ce jour-là que les autorités vont vraiment prendre le problème de l'insécurité à l'université Omar Bongo Ondimba à bras le corps»
Ce constat met en lumière la négligence des autorités face à un problème sécuritaire grandissant.
Un coup de filet, mené en octobre 2024, par la direction générale des recherches, a permis le démantèlement d’un réseau opérant à l'UOB et dans les quartiers environnants, avait donné une idée de l'ampleur du trafic des stupéfiants autour et à l'intérieur de l'UOB. Cependant, les actions ponctuelles ne suffisent pas. La sécurité à l'Université Omar Bongo exige une approche globale et durable, impliquant la mise en place d'un dispositif sécuritaire renforcé.