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LES DIALOGUEURS DEMANDENT DE FIXER LE COÛT DE LA DOT SELON LES ETHNIES

LES DIALOGUEURS DEMANDENT DE FIXER LE COÛT DE LA DOT SELON LES ETHNIES
Face à ce qui s’apparente de plus en plus à un commerce qui dévalue la femme et relègue la coutume au second plan, la dot a perdu son sens premier.

La dot permet aux deux familles des conjoints d’assurer des échanges tout à fait symboliques. Elle permet aux familles d’établir  une relation de confiance mutuelle. A ce titre, dans nos coutumes, la dot était considérée comme une action symbolique. Et les objets qui entraient dans la composition de la dot étaient symboliques. Il y avait par exemple  l’enclume pour les populations du Sud.  L’argent liquide passait au second plan. La dot était une preuve d’amour et d’affection. Elle n’était pas ronflante. La dot est un engagement de l’époux vis-à-vis de la famille et les familles veillaient à cela. Les listes des objets de la dot n’étaient pas kilométriques. Le mari versait la dot pour honorer les parents de sa nouvelle épouse. Et les parents recevaient la dot comme un remerciement. Un remerciement n’est pas calculé. Il n’est pas pensé. Un remerciement est spontané et c’est le cœur qui parle en tout état de cause. Le mari voulait reconnaître les parents de sa femme. Aujourd’hui, les hommes considèrent la femme comme une propriété acquise. Le symbole qu’avait la dot a perdu peu à peu son sens, se transformant en commerce pour certaines familles au vu de la quantité des biens demandés. 



Il n’était pas question que les parents quémandent des objets. 



Aujourd’hui, un collectif d’orateurs de mariages coutumiers demandent avec de plus d’insistance que la dot revienne à son sens strict et crédible. De nombreux Gabonais ont emboîté le pas à ce collectif au regard des montants faramineux de certaines dots parfois contre l’avis des parents de l’épouse.  Plus ces montants sont exorbitants, plus disent-ils les conjoints se retrouvent dans un foyer de turbulence. 



Ramener la symbolique de la dot dans les familles gabonaises



Aujourd’hui, pour une affaire de dot, les hommes farotent. Ils friment. Ils montrent leur richesse et étalent leur puissance. Ils mettent la femme sur une balance financière. Alors que la femme n’est pas un bien matériel. La femme n’est pas un produit manufacturé à qui on attribue un prix. Lequel prix varie selon les lois du marché. Lafemme n’est pas un objet qui se vend au plus offrant. Elle ne se vend pas. Elle ne s’achète pas. La dot n’est pas une vente aux enchères. 



La dot est devenue un montage financier un peu comme une “frappe”. Elle est devenue une opération financière au regard des listes que certains parents dressent. A quoi sert un congélateur dans la dot ? Est-ce que les tronçonneuses existaient à l’époque de nos parents ? C’est pour cela que beaucoup d’hommes n’y arrivent plus. 



Pour mettre fin à ce désordre et pour redonner ses lettres de noblesse à la dot, la sous commission patrimoine culturel a voulu remettre le phénomène de la dot à plat. Il souhaite que l’on retourne aux fondements mêmes de la dot. Le Dialogue National Inclusif a proposé de fixer le coût de la dot dans certaines ethnies. 





 

Par Pamphile EBO

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