NDONG SIMA: « POUR LE SECTEUR PÊCHE, JE NE M’AVENTURERAI PAS SUR CE TERRAIN »
Le Premier ministre, Raymond Ndong Sima, est réputé pour être un homme d’action. Il a souvent réalisé ses promesses. Mais son come-back à la tête de la primature n’est pas à son avantage, pour l’instant. Il a notamment déclaré d’un côté sur le plateau de Gabon Télévision que personne ne pouvait prévoir le niveau des inondations. Cependant, il a déclaré durant le même passage à la presse que c’est un phénomène récurrent. En principe, un phénomène récurrent peut être prévu par un gouvernement. Ensuite gouverner c’est bien prévoir. On ne peut pas déroger à cette règle. A l’endroit où le Gabon se trouve, il n’est pas judicieux de rien prévoir. Le Gabon ne peut plus être géré à tâtons, comme l’a fait le régime déchu, avec beaucoup d'approximations. « J'ajoute ceci. Il y a des zones où on ne croit pas que le niveau d'eau va monter à ce point. J'étais à Mouila au mois d'août. On ne pouvait pas imaginer que le niveau d'eau pouvait monter de 4 mètres à 6 mètres », a-t-il indiqué. Selon lui, le gouvernement ne pouvait pas prévoir les inondations de Ndjolé. « Si vous allez à Ndjolé et que vous voyez le niveau de l'eau le lit du fleuve est monté au point de venir inonder le marché de Ndjolé ça personne ne peut prévoir ça ».
Il explique bien le phénomène, il souligne que c’est un problème récurrent, mais que le gouvernement ne peut pas prévoir. « Sur les 9 provinces que nous comptons il y a 8 provinces où on construit parallèlement au cours d'eau vous pouvez vérifier et tous les gens qui construisent parallèlement au cours d'eau , dès qu'il y a des pluies et que le niveau des pluies augmente au dessus de la moyenne ces zones là inondent directement les villages. Ce n'est pas la première fois que cela arrive. Je rappelle qu'on a déjà eu cela dans les années 90 on a eu dans les années 1984, c'est récurrent que les zones que les populations qui se sont installées le long des cours d'eau ».
Pour le cas des inondations, il estime que la presse lui en demande trop. « Le problème est survenu il y a 4 - 5 jours si vous me demandez après 4 ,5 jours de désastre si j'ai déjà prévu ou entamé des projections vous m'en demandez trop ». A qui doit-on finalement s’adresser pour avoir un début de solution ?
La question de l’emploi est fonction du temps
Sur la question du chômage, il avoue son impuissance. Il demande du temps. «Par conséquent la seule chose qu'on peut faire c'est de chercher à identifier clairement l'ampleur du problème » . C’est pourquoi il estime qu’il faut un certain temps pour résoudre le problème du travail au Gabon. « La question de l'emploi est une question qui s'inscrit dans le temps on peut pas régler la chose, elle ne peut pas être instantanée ».
Parlant de la courbe de la hausse des prix qui ne s’arrête pas, le Premier ministre a déclaré que les Gabonais ne doivent pas en quelque sorte construire des châteaux en Espagne. Si les Gabonais ne produisent pas, les prix vont gonfler. « Je voudrais rappeler un principe général économique pour que les prix baissent il faut produire. Vous faites baisser les prix quand il y a une production qui augmente. Tant et aussi longtemps que notre production n'augmentera pas, les prix ne baisseront pas ».
Il a tenu toutefois à mettre l’accent sur la baisse de 10 francs CFA du prix du carburant. Cependant les Gabonais peuvent ironiser sur cet exploit gouvernemental. « Vous avez remarqué une baisse de 10 francs, les gens disent, ce n'est rien. Mais c'est toujours ça déjà ».
Pour lui, le secteur de la pêche reste complexe. « Pour le secteur pêche, je ne m'aventurerai pas sur ce terrain ».
Toutes choses qui peuvent semer des doutes parmi les populations gabonaises.