CYBERSÉCURITÉ EN AFRIQUE : LE SECTEUR PRIVÉ APPELÉ À CONTRIBUER
Depuis près de vingt ans que l'Afrique a fait ses premiers pas de l'internet une situation du continent qui se révèle globalement assez comparable à celle des autres régions du monde.
Connectés au réseau mondial via des câbles terrestres ou des sous-marins, des satellites ou même des drones et des ballons, les Africains présentent un taux d’accès à Internet plutôt élevé. Si 25 % de la population du Sahara du Sud dispose d’un accès, celui-ci concerne 60 % des populations d’Afrique du Nord. À l’échelle mondiale, seulement 50,8 % de la population est connectée.
Afin de lutter efficacement contre les menaces sérieuses sur la paix, la sécurité et la stabilité des pays africains, le règlement Général sur la Protection des Données, invite le secteur privé à contribution.
Le récent rapport produit par Interpol sur la cybercriminalité africaine en atteste que les e-mails compromis en entreprise, le phishing, les ransomware, les « chevaux de Troie bancaires, les extorsions en ligne ou encore le crimeware as a service, (automatisation de la cybercriminalité) ont accusé un net bond en avant, sur fond de déploiement du télétravail suite à l’épidémie du Covid-19.
Les cyberattaques concernent tout le monde
Le cyberattaque touche en générale des structures aussi différentes que le régulateur des télécoms sénégalais, des hôpitaux ou encore des opérateurs en charge de la distribution d’eau, d’électricité ou d’énergie.
Selon les experts, quelques 1 848 attaques concerneraient l’Afrique chaque semaine, contre 1 164 dans le monde en moyenne. Un chiffre qui en dit long sur la centralité stratégique du continent africain : à l’heure des réseaux mondialisés, sa protection est aussi une garantie de celle du monde tout entier.
Le 24 octobre dernier, alors qu’il accueillait le Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, le président sénégalais Macky Sall avait indiqué que les dérives du numérique constituent aujourd’hui l’une des menaces les plus sérieuses à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans les pays africains une menace d’autant plus difficiles à combattre.
Ainsi, parmis les pays les plus concernés par les attaques, le Maroc apparaît comme une cible de choix pour les cybercriminels.
Selon une source officielle, le rapport rédigé par le Bureau africain des opérations de lutte contre la cybercriminalité d’Interpol classe le Royaume comme celui le plus touché par les chevaux de Troie bancaires et Stealers.
Le Maroc est également le deuxième pays le plus impacté par les rançongiciels du continent, ainsi selon ce document, près de 19 000 détections de logiciels malveillants auraient été réalisées au sein du pays, loin devant l’Afrique du Sud (6 560 détections), le Nigéria (5 366 détections), le Cameroun (1 462 détections) et l’Algérie (691 détections).