MANIFESTATION DES JOURNALISTES EN TUNISIE
En Tunisie, près d’une centaine de journalistes ont manifesté leur colère devant le syndicat des journalistes tunisiens après la condamnation de leur collègue Khalifa Guesmi à cinq ans de prison. Après la publication d’un article en mars 2022 sur le démantèlement d’une cellule terroriste à Kairouan au centre du pays, Khalifa Guesmi avait été arrêté et accusé de divulgation d’informations en violation avec la loi antiterroriste et le code pénal.
Manifestation devant le siège des journalistes à Tunis
Des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant le siège du syndicat national des journalistes à Tunis, la capitale, en scandant :
"Nous sommes des journalistes et non pas des terroristes", "Ô magistrature aux ordres, remplis encore les prisons", "Liberté pour la presse tunisienne",
ont notamment scandé les manifestants rassemblés devant le siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt).
À l'appel du Snjt, les manifestants ont protesté aussi contre la condamnation en appel à cinq ans de prison d'un journaliste de la radio privée Mosaïque FM, Khalifa Guesmi, pour avoir divulgué des informations sur les services de sécurité.
En vertu d'une loi antiterroriste, il a été reconnu coupable d'avoir
"participé à la divulgation intentionnelle d'informations relatives aux opérations d'interception, d'infiltration, de surveillance audiovisuelle ou des données qui y sont collectées",
Selon son avocat.
"Il y une orientation (politique) franche et claire vers le verrouillage et la répression, qui cible les médias non soumis", a déploré lors de la manifestation le président du Snjt, Mahdi Jlassi.
En effet, deux étudiants tunisiens ont été détenus lundi après la publication sur les réseaux sociaux d'une chanson satirique critiquant la police et une loi réprimant la consommation de stupéfiants. Selon M. Jlassi, une vingtaine de journalistes sont poursuivis par la justice pour leur travail.
Un recul de liberté d’expression
Plusieurs ONG locales et internationales ont mis en garde "contre la gravité de l'orientation répressive du pouvoir actuel".
Elles ont critiqué à plusieurs reprises un "recul" des libertés en Tunisie depuis que le président Kais Saied s'est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021. Pour directeur de la rédaction du média indépendant Nawaat, monsieur Thameur Mekki, il s’agit d’un retour en arrière clair.
« Jusqu’ici, on parlait de menace contre la liberté de presse, on parlait de risque pour les journalistes, mais là, on voit bien qu’il ne s’agit plus d’une menace ou d’un risque, on voit bien que les sanctions sont d’actualité, des sanctions de prison ferme. »
Et les pressions sur les journalistes ne s’arrêtent pas là. Ce vendredi, Haythem El Mekki et Elyes Charbi, les deux têtes d’affiche de l’émission politique Midi Show sur la radio Mosaïque FM sont invitées à comparaître devant la police judiciaire pour propagation de rumeurs touchant la sécurité intérieure.