PALUDISME : UN MOUSTIQUE INVASIF RÉSISTANT AUX INSECTICIDES GAGNE LES VILLES AFRICAINES ET INQUIÈTE LES SCIENTIFIQUES
Un nouvel ennemi silencieux s'installe en Afrique
Il est petit, presque invisible, mais son impact pourrait être considérable. L'Anopheles stephensi, un moustique invasif originaire d'Asie, progresse rapidement sur le continent africain et bouleverse les stratégies de lutte contre le paludisme. Sa particularité ? Contrairement aux moustiques responsables de la transmission de la maladie, il s'adapte parfaitement aux milieux urbains, mettant des millions de citadins face à un risque jusque-là limité.
Une propagation fulgurante depuis Djibouti
Selon une étude génomique publiée en juin dans la revue Science, ce moustique serait arrivé à Djibouti il y a une quinzaine d'années avant de se disperser dans plusieurs régions du continent.
D'après les travaux relayés par le New York Times, une population s'est étendue vers l'Éthiopie, une autre vers l'Afrique de l'Ouest, tandis qu'un troisième groupe a poursuivi sa progression vers le sud de l'Afrique.
Des flambées de paludisme qui inquiètent
L'arrivée de l'Anopheles stephensi coïncide avec une recrudescence spectaculaire des cas de paludisme dans plusieurs pays.À Djibouti, où la maladie était quasiment maîtrisée, le nombre de cas est passé d'environ 1 700 en 2013 à près de 70 000 en 2020. En Éthiopie, une importante flambée a également été observée en 2022, renforçant les inquiétudes des spécialistes.
Pourquoi ce moustique est-il si redoutable ?
Ce moustique cumule plusieurs caractéristiques qui compliquent sa maîtrise. Il pond facilement dans les réservoirs d'eau, les bidons ou d'autres contenants présents en ville, ce qui lui permet de coloniser rapidement les zones urbaines.Autre défi majeur ,il présente une résistance accrue à plusieurs insecticides utilisés dans les campagnes de lutte contre le paludisme, réduisant l'efficacité des méthodes traditionnelles de contrôle.
Les chercheurs intensifient la surveillance
Face à cette menace émergente, les scientifiques misent sur les avancées de la génomique pour suivre les déplacements de cette espèce invasive et anticiper sa propagation.Leur objectif est de permettre aux autorités sanitaires d'agir plus rapidement afin de limiter la diffusion de ce moustique et d'éviter que les grandes villes africaines ne deviennent de nouveaux foyers majeurs du paludisme.