GUINÉE, FIN DE PARCOURS JUDICIAIRE POUR KAMAN GOGANA KONOMOU
C’est une sanction qui marque un tournant dans la carrière du magistrat. Le juge Kaman Gogana Konomou a été radié de ses fonctions et exclu du corps de la magistrature par un décret du président guinéen, le Général Mamadi Doumbouya. Une décision qui intervient après plusieurs mois de procédure disciplinaire engagée contre lui.
Une exclusion pour atteinte aux principes de la fonction judiciaire
Le décret présidentiel justifie cette radiation par des « manquements aux obligations statutaires particulières de réserve, d’honneur, de dignité, de probité et de loyauté ».
Des obligations qui encadrent strictement la fonction de magistrat et qui imposent notamment une grande retenue dans les prises de position publiques.
Du devoir de réserve aux propos politiques sur les réseaux sociaux
Cette décision intervient plusieurs mois après la suspension à titre conservatoire du juge Kaman Gogana Konomou.
Par un arrêté signé le 13 novembre 2025, l’ancien ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kaïraba Kaba, avait suspendu le magistrat alors en poste comme juge d’instruction au Tribunal pour enfants.
Les autorités lui reprochaient notamment des manquements au devoir de réserve, à l’éthique et à la déontologie judiciaire, ainsi que la diffusion de propos à caractère politique sur les réseaux sociaux.
Des publications considérées comme incompatibles avec les exigences liées à la fonction de magistrat et susceptibles de perturber le fonctionnement normal de la justice.
Le Conseil supérieur de la magistrature saisi
À la suite de sa suspension, le dossier avait été transmis au Conseil supérieur de la magistrature pour l’ouverture d’une procédure disciplinaire.
Cette étape devait permettre d’examiner les faits reprochés au magistrat avant la décision finale de radiation.
Une carrière judiciaire désormais interrompue
Avant sa nomination au Tribunal pour enfants le 1er novembre 2025, Kaman Gogana Konomou exerçait les fonctions de juge d’instruction au Tribunal de première instance de Kindia.
Près de neuf mois après sa suspension, son exclusion définitive met un terme à son parcours dans le corps judiciaire guinéen.
Une affaire qui relance le débat sur l’équilibre entre la liberté d’expression des magistrats et les exigences de neutralité attachées à leur fonction.