SEEG : LA GABONAISE DES EAUX ET ÉLECTRICITÉ DU GABON PRENDRONT LE RELAIS DÈS JANVIER 2027
Une scission officielle à compter du 1er janvier 2027
La Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) cessera officiellement d'assurer la distribution de l'eau potable et de l'électricité à compter du 31 décembre 2026. Dès le 1er janvier 2027, deux nouvelles entreprises publiques prendront le relais : la Gabonaise des Eaux (GDE), chargée de l'eau potable, et Électricité du Gabon (EDG), responsable de la distribution de l'électricité.
L'annonce a été faite par le ministre de l'Accès universel à l'eau et à l'énergie, Philippe Tonangoye, lors d'un conseil d'administration de la SEEG. Cette réforme s'inscrit dans les recommandations issues du Dialogue national et constitue l'un des principaux engagements du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour restructurer durablement les secteurs de l'eau et de l'énergie.
Un audit révèle une situation financière préoccupante
Cette décision intervient après un audit ayant mis en évidence une situation financière particulièrement préoccupante. Entre 2020 et 2023, le chiffre d'affaires de la SEEG est resté quasiment stable à 212,6 milliards de FCFA, avant une légère progression de 2 % en 2024.
En parallèle, les charges financières ont été multipliées par quatorze pour atteindre 8,56 milliards de FCFA. La société affiche également une perte nette de 45,6 milliards de FCFA, une trésorerie sous tension, un endettement croissant et des pertes accumulées, illustrant une situation de quasi-asphyxie financière.
Une nouvelle structure pour gérer la dette
Le gouvernement a assuré que le passif de la SEEG ne sera pas transféré à la Gabonaise des Eaux et à Électricité du Gabon. Une structure spécifique sera créée afin de prendre en charge cette dette, permettant aux deux nouvelles entreprises de démarrer leurs activités sur des bases financières assainies et avec une capacité d'investissement renforcée.
Des garanties prévues pour les salariés
La réforme prévoit également la mise en place d'un comité paritaire de pilotage réunissant la SEEG, les partenaires sociaux et le ministère chargé du Travail. Plusieurs mécanismes juridiques seront activés afin d'encadrer la transition, tandis que des mesures spécifiques seront prises pour préserver les droits et les intérêts des salariés.
L'État veut renforcer sa participation
Pour finaliser cette réorganisation, le gouvernement demande aux administrateurs d'approuver la scission et souhaite porter la participation de l'État dans le capital de la SEEG de 56 % à 67 %, conformément aux exigences de l'OHADA.
La SEEG poursuivra ses activités jusqu'au 31 décembre 2026, avant de céder définitivement la place à la Gabonaise des Eaux (GDE) et à Électricité du Gabon (EDG), qui entreront officiellement en fonction le 1er janvier 2027.