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TRAFIC MASSIF D'OR CAMEROUNAIS

TRAFIC MASSIF D'OR CAMEROUNAIS
Pillage de l’or au Cameroun : 14 tonnes illégales contre 22 kg officiels.

Le Cameroun traverse une crise majeure dans son secteur aurifère, avec un décalage abyssal entre les quantités d’or officiellement exportées et celles réceptionnées à l’étranger, notamment aux Émirats arabes unis. Alors que le pays n’a déclaré légalement que 22,3 kilogrammes d’or exportés en 2023, un rapport alarmant fait état d’une réception de 14 tonnes de ce métal précieux par les Émirats, soulevant un immense scandale de fraude et de pillage.


Or du Cameroun : seulement 22 kg officiels, mais 14 tonnes exportées à l’étranger


Selon un rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), publié en décembre 2025, le Cameroun aurait produit officiellement 953 kilogrammes d’or en 2023. Pourtant, cette production ne correspond pas aux chiffres des exportations déclarées, qui montrent un volume dérisoire de 22,3 kg. En parallèle, les données des pays importateurs, en particulier des Émirats arabes unis, font état d’une réception de 15,2 tonnes d’or en provenance du Cameroun, un écart colossal qui suggère l’existence d’un système de fraude organisé.


Fraude sur l’or camerounais : 14 tonnes disparues, des milliards envolés


Cette divergence entre chiffres officiels et volumes importés soulève des questions cruciales sur la gouvernance minière au Cameroun. Le pays perd ainsi des milliards de francs CFA en recettes fiscales et en devises, tandis que des activités illégales prospèrent, privant la nation de ses richesses naturelles. Ce pillage de l’or camerounais met en lumière des failles majeures dans le contrôle et la régulation du secteur, donnant lieu à une fuite massive de minerai vers l’étranger sous couvert d’exportations fictives.


53 permis d’exploitation retirés : une mesure forte du gouvernement


Face à cette situation, le Professeur Fuh Calistus Gentry, Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique par intérim, a annoncé hier une série de mesures drastiques. Parmi elles, le retrait de 53 permis d’exploitation jugés non conformes aux dispositions du Code minier. Ces permis étaient détenus par des sociétés accusées d’opérer illégalement ou de ne pas respecter les règles en vigueur.


« Engagez les travaux avant l’obtention d’un permis d’exploitation. S’il n’y a pas l’autorisation d’implantation après un cahier de charges qui doit être suivi par l’industrie, on va fermer ici aujourd’hui »


a-t-il déclaré fermement. Cette décision s’inscrit dans une vaste réforme destinée à assainir et réguler un secteur encore marginal dans l’économie camerounaise, ne contribuant qu’à moins de 1 % du PIB.


Le combat contre l’exploitation illégale et la fraude


Le retrait de ces permis de recherche marque une volonté claire du gouvernement de renforcer le contrôle des opérations minières. En droit minier, le permis de recherche permet uniquement d’explorer et d’évaluer un gisement. Il ne donne pas droit à une exploitation commerciale, qui nécessite un permis distinct. Or, des investigations ont révélé que certaines entreprises menaient des activités d’exploitation avant même d’avoir obtenu les autorisations nécessaires, souvent en sous-traitant à des opérateurs étrangers.


Cette fraude organisée alimente le marché parallèle et contribue à la disparition de grandes quantités d’or hors du contrôle de l’État camerounais. Les autorités cherchent désormais à réduire les écarts entre les chiffres officiels et ceux des pays importateurs, afin de restaurer la transparence et de sécuriser les revenus issus de ce secteur stratégique.


Vers une meilleure gouvernance du secteur aurifère


La réforme annoncée par le MINMIDT vise à instaurer une gouvernance plus rigoureuse, avec des contrôles renforcés et des sanctions contre les contrevenants. La régularisation des permis d’exploitation et la fermeture des sites illégaux devraient permettre au Cameroun de mieux valoriser ses ressources minières, tout en luttant contre la corruption et les pratiques frauduleuses.


Il revient désormais aux autorités compétentes de poursuivre les enquêtes pour déterminer les responsabilités individuelles et d’engager, si nécessaire, des poursuites judiciaires. Ce combat pour la transparence et la légalité dans le secteur de l’or est essentiel pour que le Cameroun puisse tirer pleinement profit de ses richesses naturelles au bénéfice de ses populations.


Voici trois éclairages essentiels pour comprendre l'ampleur de ce scandale et ses mécanismes :

Les chiffres clés du trafic




  • Production officielle : 953 kg déclarés par le Cameroun.

  • Exportation légale : 22,3 kg enregistrés par les douanes camerounaises.

  • Arrivée réelle : 15,2 tonnes d'or réceptionnées par les Émirats arabes unis.

  • Écart inexpliqué : Plus de 14 tonnes de différence, représentant une perte financière colossale. [1, 2, 3]



Les causes de cette fraude massive




  • Contrebande généralisée : L'or quitte le territoire en cachette par des circuits informels.

  • Faiblesse des contrôles : Les frontières et les aéroports manquent de surveillance stricte.

  • Corruption administrative : Des complicités locales facilitent la falsification des documents de transport.

  • Réseaux criminels : Des intermédiaires illégaux rachetant l'or directement aux mineurs artisanaux.



Les conséquences pour le pays




  • Manque à gagner fiscal : L'État perd des millions de dollars de taxes douanières.

  • Appauvrissement des communautés : Les mineurs locaux ne profitent pas de la richesse réelle.

  • Économie souterraine : Cet argent caché alimente d'autres réseaux illégaux dans la région.




 




 


 

Par Pamphil

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