tvplusafrique

International

TÊTE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

TÊTE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ
La RDC prend la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU.

La République démocratique du Congo (RDC) assure, du 1er au 31 juillet 2026, la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette responsabilité, qui s'inscrit dans le cadre de son mandat de membre non permanent pour la période 2026-2027, place Kinshasa au cœur des débats internationaux sur les questions de paix et de sécurité. Dans un contexte mondial marqué par de multiples crises, les autorités congolaises entendent faire de cette présidence une tribune pour promouvoir le dialogue, la prévention des conflits et une nouvelle vision de la gestion des ressources naturelles.


Une présidence à forte portée diplomatique


Le Conseil de sécurité demeure l'organe le plus influent des Nations unies en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales. Chargé d'adopter des résolutions, de décider des opérations de maintien de la paix et des régimes de sanctions, il joue un rôle central dans la gestion des crises à travers le monde.


Conformément au principe de rotation mensuelle entre les quinze membres du Conseil, la RDC succède à la Colombie, qui a assuré la présidence en juin, avant de céder le relais au Danemark en août, selon l'ordre alphabétique anglais des États membres.


Cette présidence intervient quelques mois seulement après l'entrée officielle de la RDC au sein du Conseil de sécurité en janvier 2026. Le pays y siège pour un mandat de deux ans, après avoir été élu le 3 juin 2025 par l'Assemblée générale des Nations unies avec un large soutien de 184 voix sur 187 suffrages exprimés.


Il s'agit du troisième mandat de la RDC au sein de cette instance, après ceux exercés en 1982-1983 et en 1990-1991.


Deux priorités affichées


Dans un message publié le 30 juin sur son compte X, la Mission permanente de la RDC auprès des Nations unies a souligné que cette présidence intervient « dans un contexte marqué par de nombreux défis à la paix et à la sécurité internationales ».


La représentation congolaise affirme vouloir conduire les travaux du Conseil


« avec responsabilité et engagement »


en mettant l'accent sur deux axes majeurs. Le renforcement de la paix et de la sécurité, ainsi que la prévention et la résolution des conflits.


Kinshasa entend ainsi favoriser les initiatives en faveur du dialogue, de la protection des populations civiles et du renforcement du multilatéralisme, dans un environnement international confronté à des tensions géopolitiques persistantes et à plusieurs foyers de crise.


La Mission permanente a également indiqué qu'elle informera régulièrement le public des principales activités inscrites au programme de cette présidence durant tout le mois de juillet.


Les ressources naturelles au cœur de l'agenda congolais


Au-delà des priorités institutionnelles, le président Félix Tshisekedi souhaite donner une dimension particulière à cette présidence. À l'occasion de son discours à la Nation prononcé le 29 juin, à la veille du 66e anniversaire de l'indépendance de la RDC, le chef de l'État a annoncé l'organisation prochaine, aux États-Unis, d'une réunion de haut niveau consacrée aux liens entre les ressources naturelles, la paix, la sécurité et le développement durable.


Cette rencontre devrait réunir plusieurs dirigeants, parmi lesquels le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l'Union africaine.


Pour Félix Tshisekedi, cette initiative vise à changer durablement le regard porté sur les immenses richesses minières de la RDC.


« Les ressources naturelles de la RDC ne doivent plus être regardées comme une malédiction. Elles doivent devenir un levier de paix, de prospérité, de souveraineté, de justice et de transformation pour le peuple congolais »


a déclaré le président congolais, qui entend faire de ce message l'un des principaux marqueurs de la présidence congolaise du Conseil de sécurité.


À travers cette démarche, Kinshasa souhaite replacer le débat sur la gouvernance des ressources naturelles dans une perspective de développement durable, tout en dénonçant les conflits alimentés par leur exploitation illicite.


Une voix africaine renforcée


Depuis janvier 2026, cinq nouveaux membres non permanents siègent au Conseil de sécurité. Bahreïn, la Colombie, la RDC, la Lettonie et le Libéria. Leur entrée en fonction a été marquée par une cérémonie officielle organisée au siège des Nations unies à New York, symbolisant le début de leur mandat de deux ans.


Bien que les membres non permanents ne disposent pas du droit de veto, réservé aux cinq membres permanents, ils participent pleinement aux négociations, aux délibérations et aux votes. Leur influence se manifeste notamment dans la rédaction des résolutions, les consultations diplomatiques et la définition des priorités inscrites à l'ordre du jour.


Pour la RDC, cette présence constitue une opportunité de défendre les préoccupations africaines au sein de la principale instance décisionnelle de l'ONU.


Avec le Libéria, le pays a rejoint le groupe des A3, qui rassemble les trois États africains membres non permanents du Conseil de sécurité. Ce mécanisme de concertation permet de coordonner les positions du continent et de porter les orientations de l'Union africaine sur les principales questions sécuritaires.


En assumant la présidence du Conseil de sécurité durant tout le mois de juillet, la RDC bénéficie ainsi d'une visibilité diplomatique exceptionnelle. Pour Kinshasa, cette responsabilité représente autant une reconnaissance de son retour sur la scène internationale qu'une occasion de défendre une vision où la paix, le développement et la valorisation responsable des ressources naturelles constituent les piliers d'une stabilité durable, en Afrique comme dans le reste du monde.

Par Pamphil

Top Articles