tvplusafrique

International

SÉNÉGAL : ABDOU MBOW EXPULSÉ DU PARLEMENT EN PLEINE BATAILLE SUR LA RÉFORME CONSTITUTIONNELLE

SÉNÉGAL : ABDOU MBOW EXPULSÉ DU PARLEMENT EN PLEINE BATAILLE SUR LA RÉFORME CONSTITUTIONNELLE
Au Sénégal, le député Abdou Mbow a été expulsé de l’Assemblée nationale lors des débats tendus sur une réforme constitutionnelle vivement contestée par l’opposition.

Le Parlement sénégalais a connu une séance particulièrement mouvementée ce lundi 29 juin lors de l’examen d’une révision partielle de la Constitution. En pleine intervention, le député de l’opposition Abdou Mbow a été expulsé de l’hémicycle après avoir vivement dénoncé le projet de réforme défendu par le Pastef, formation majoritaire à l’Assemblée nationale.


À la tribune, l’élu a accusé le texte de modifier « le centre de gravité » des institutions sénégalaises en transférant une partie importante du pouvoir politique du président de la République vers une majorité parlementaire. Il a notamment critiqué le rôle renforcé d’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre.


Le projet de révision, inspiré des recommandations des Assises de la Justice de 2024 et du Dialogue national sur le système politique de 2025, prévoit plusieurs changements institutionnels. Il encadre plus strictement la notion de haute trahison du chef de l’État, limite à une seule fois par mandat le pouvoir présidentiel de dissoudre l’Assemblée nationale et impose au président de déclarer son patrimoine au début et à la fin de son mandat.


Le texte renforce également les pouvoirs du Parlement, qui pourra élargir ses commissions d’enquête, tandis que le gouvernement devra informer les députés de toute convention d’investissement portant sur les ressources naturelles. Les prérogatives du Premier ministre seraient aussi élargies, avec une définition de la politique nationale désormais concertée avec le président de la République. Une Cour constitutionnelle composée de neuf membres serait par ailleurs créée.


L’opposition s’oppose fermement à cette réforme, estimant qu’elle modifie profondément l’équilibre des institutions. Plusieurs responsables, dont Aminata Touré, réclament l’organisation d’un référendum afin que les Sénégalais puissent se prononcer directement sur ces changements.


De son côté, le Pastef défend un texte qu’il présente comme la traduction des conclusions des concertations nationales. Cette réforme intervient dans un contexte de divergences politiques entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, nommé à la tête de l’Assemblée nationale après avoir quitté la Primature en mai dernier.

Par NOEMI KIM

Top Articles