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GABON LE SCANDALE DES NON-CLASSÉS EN 6E, 5E OU EN 4E

GABON LE SCANDALE DES NON-CLASSÉS EN 6E, 5E OU EN 4E
Le scandale des élèves non-classés en collège explique l'échec massif au BEPC.

Chaque année, les résultats du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) suscitent les mêmes interrogations. Pourquoi tant d’élèves échouent-ils dans des matières fondamentales comme le Français, l’Anglais, les Mathématiques ou les Sciences physiques ? Pourquoi certains candidats semblent-ils totalement démunis face aux épreuves qui leur sont proposées ? Au regard de ces questions une réalité inquiétante qui gagne du terrain et que l’Éducation nationale ne peut plus ignorer. Celle des élèves « non classés » pendant toute une année scolaire dans certaines disciplines, soit en 6e, en 5e, ou en 4e, avant d’être autorisés à poursuivre leur cursus jusqu’au BEPC.


Une anomalie devenue presque normale


Dans plusieurs établissements du pays, des élèves de 6e, de 5e ou de 4e passent une année entière sans être classés dans une ou plusieurs matières. Ici, un élève de 6e n’est jamais évalué en Anglais. Là, un élève de 5e termine l’année sans classement en Français. Ailleurs encore, des élèves de 4e ne disposent d’aucune moyenne en Mathématiques, en Sciences physiques ou en Sciences de la vie et de la Terre (SVT).


Le plus troublant est que cette situation ne semble empêcher ni le passage en classe supérieure ni, à terme, la participation aux épreuves du BEPC. Comme si ces lacunes administratives et pédagogiques n’avaient aucune conséquence sur la formation des apprenants.


Pourtant, une question s’impose. Comment évaluer le niveau réel d’un élève qui n’a jamais été noté dans une discipline essentielle durant toute une année scolaire au cours de son parcours au collège ?


Les premières victimes : les élèves


Au bout de la chaîne, ce sont les élèves qui paient le prix fort. Lorsqu’un candidat se retrouve devant une copie de Mathématiques, d’Anglais ou de Français au BEPC, l’examen ne tient pas compte de son parcours ni des dysfonctionnements qui ont marqué sa scolarité.


L’épreuve est la même pour tous.


L’élève qui a bénéficié d’un enseignement régulier est évalué dans les mêmes conditions que celui qui n’a jamais eu de notes dans une de ses classes du collège, parfois faute d’enseignant, parfois à cause d’une organisation défaillante ou d’un suivi insuffisant.


Quand les résultats tombent et que les notes sont catastrophiques, le regard de la société se tourne souvent vers l’élève. On l’accuse de paresse, de manque de travail ou d’insuffisance intellectuelle. Pourtant, la responsabilité est souvent ailleurs, au niveau des responsables du ministère de l’Education Nationale ou des chefs d’établissement qui peuvent solliciter des enseignants vacataires.


Des parents abandonnés à leur sort


Les familles aussi sont victimes de cette situation. Des parents consentent des sacrifices financiers considérables pour assurer la scolarité de leurs enfants. Ils achètent les fournitures, paient les frais exigés et placent leur confiance dans les établissements.


Mais comment peuvent-ils mesurer les difficultés de leurs enfants lorsqu’aucune note n’apparaît dans certaines matières pendant des mois ?


Dans bien des cas, ils découvrent l’ampleur du problème lorsque les résultats du BEPC sont publiés. À ce moment-là, il est déjà trop tard.


Fabriquer lui-même les échecs qu’il déplore ensuite


La question de la responsabilité ne peut être éludée.


Les chefs d’établissement ont-ils signalé ces situations aux autorités compétentes ? Les inspections pédagogiques ont-elles effectué les contrôles nécessaires ? Les services administratifs ont-ils pris la mesure du phénomène ? Le ministère de l’Éducation nationale dispose-t-il de statistiques précises sur le nombre d’élèves concernés ?


Ces interrogations méritent des réponses claires.


Car lorsqu’un système autorise la progression d’élèves qui n’ont jamais été correctement évalués dans des matières fondamentales, il prend le risque de fabriquer lui-même les échecs qu’il déplore ensuite.


L’urgence d’une réforme


Le problème des non-classés ne doit plus être considéré comme un simple détail administratif. Il touche directement à la qualité de l’enseignement et à l’égalité des chances, surtout à l’avenir et au développement du Gabon.


Chaque élève a droit à un enseignement complet, à des évaluations régulières et à un suivi pédagogique rigoureux. Lorsqu’une matière n’est pas enseignée ou évaluée normalement, des mesures correctives devraient être prises immédiatement avant le passage en classe supérieure.


L’avenir de milliers de jeunes Gabonais dépend de la crédibilité de l’école. Fermer les yeux sur le phénomène des non-classés reviendrait à accepter qu’une partie des élèves arrive aux examens nationaux avec un handicap créé par le système lui-même.


Et lorsque ces candidats échouent au BEPC, la question demeure. S’agit-il réellement de l’échec des élèves ou de celui de toute une chaîne éducative qui n’a pas su remplir sa mission ?

Par Pamphil

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