INTERDICTION TOTALE D'EXPORTER L'OR GUINÉEN NON RAFFINÉ
Une nouvelle orientation pour le secteur aurifère
En mettant fin à l’exportation de l’or à l’état brut, les autorités guinéennes entendent renforcer leur contrôle sur l’exploitation des ressources naturelles et maximiser les bénéfices tirés de l’activité minière. Pour Conakry, il ne s’agit plus seulement d’extraire et d’exporter les matières premières, mais de développer une véritable industrie de transformation capable de créer des emplois, des revenus fiscaux et des compétences locales.
« Le peuple de Guinée mérite de voir sa richesse participer à son développement »
a déclaré le président Mamadi Doumbouya en présentant cette mesure qui s’inscrit dans la politique de reprise en main du secteur minier engagée depuis plusieurs années.
Dans cette dynamique, les autorités ont également annoncé la prochaine mise en service de la Nimba Gold Refinery, présentée comme la première raffinerie d’or du pays.
Le défi de l’orpaillage artisanal
Si l’ambition est claire, sa mise en œuvre s’annonce complexe. La particularité du secteur aurifère guinéen réside dans le poids considérable de l’exploitation artisanale. Des milliers d’orpailleurs opèrent notamment dans la région de Siguiri, au nord-est du pays, une zone proche des frontières avec le Mali et la Côte d’Ivoire.
Selon les données du ministère des Mines, près de 50 tonnes d’or provenant de la filière artisanale ont été exportées en 2025, contre seulement 22 tonnes issues des exploitations industrielles. Ces chiffres illustrent l’importance du secteur informel dans la production nationale.
Contrôler les circuits d’exportation
Pour les spécialistes du secteur, le succès de cette réforme dépendra de la capacité des autorités à mieux encadrer l’orpaillage artisanal et à lutter contre les exportations non déclarées.
Le directeur de l’Observatoire guinéen des mines et des métaux, Oumar Totiya Barry, estime que l’enjeu principal consiste à orienter la production artisanale vers les circuits officiels de raffinage. Il souligne également la nécessité de renforcer le contrôle aux frontières et d’adapter les accords conclus avec les compagnies minières étrangères afin de garantir l’efficacité de cette nouvelle politique minière.