GABON : UN IMPOSTEUR INFILTRÉ 7 ANS AU PALAIS DE JUSTICE DÉMASQUÉ
Pendant près de sept ans, un homme a réussi à se faire passer pour un brigadier-chef de la Sécurité pénitentiaire au sein même du palais de justice de Libreville, circulant librement parmi magistrats, greffiers et officiers de police judiciaire. C’est son propre excès d’audace qui a finalement mis fin à cette imposture hors du commun.
La supercherie a éclaté il y a une semaine, lors d’une opération de transfert de scellés au tribunal spécial de première instance de Libreville. Le faux agent, identifié sous le nom d’Exaucé Mavoungou, a tenté de dérober une quantité importante de chanvre indien. C’est une technicienne de surface, alertée par son comportement suspect, qui a donné l’alarme et permis son interpellation sur place.
Persuadée d’avoir affaire à un simple agent indélicat, l’Inspection générale des services de la Sécurité pénitentiaire a rapidement déchanté. Les vérifications dans les registres officiels ont révélé qu’Exaucé Mavoungou est totalement inconnu des services sans matricule, sans existence administrative, il s’était entièrement inventé une identité d’agent de l’État. Il encourt désormais de lourdes charges, notamment pour usurpation de fonction publique, port illégal d’uniforme, tentative de vol de scellés et atteinte à l’intégrité de preuves pénales.
Cette affaire soulève de sérieuses questions sur les failles sécuritaires au sein des institutions judiciaires gabonaises. Comment un individu sans aucune accréditation a-t-il pu s’infiltrer et se maintenir aussi longtemps dans un environnement aussi sensible ? L’existence probable de complicités internes fait partie des pistes explorées par la Direction générale des recherches (DGR), à qui le dossier a été confié.
Exaucé Mavoungou devait être présenté ce vendredi 5 juin devant le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville. Une audience qui s’annonce décisive, et qui met en lumière l’urgence d’un renforcement rigoureux des protocoles de sécurité au sein des juridictions gabonaises.