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90 % DE LA CONSOMMATION IMPORTÉE

90 % DE LA CONSOMMATION IMPORTÉE
Gabon : souveraineté alimentaire et défis de l’élevage bovin provincial.

 Le Gabon dépend à plus de 90 % des importations pour sa consommation de viande de bœuf, les habitants consommant environ 40 kg de viande par an et par personne. Historiquement importée du Tchad, du Cameroun, du Brésil ou de France, la viande bovine fait face à de profonds changements avec l’évocation d'une filière locale.


Le paradoxe de la viande bovine au Gabon réside dans sa dépendance extérieure. Le pays importe plus de 90 % de ses besoins, pénalisant sa balance commerciale de plusieurs milliards de francs CFA par an. Malgré d'immenses étendues de terres arables exploitables à travers ses neuf provinces, le marché national reste tributaire des fournisseurs occidentaux et sud-américains. Briser ce cercle vicieux est devenu un impératif stratégique pour garantir l'autonomie alimentaire gabonaise face aux risques de pénuries mondiales. 


Produit de luxe 


Le bœuf reste cher pour beaucoup de foyers qui consomment plutôt de la volaille au quotidien. La viande bovine s'invite surtout sur les tables lors des fêtes de fin d'année. 


Les morceaux populaires


Les cartons de 10 kg de queues de bœuf importées restent très demandés pour les repas de famille en raison de leur coût qui était abordable il y a quelques années. Mais actuellement, hors de prix pour des milliers de foyers.


La souveraineté et la dépendance alimentaire


La question de la consommation de la viande de bœuf au Gabon met en lumière un paradoxe structurel majeur. Le pays importe plus de 90 % de ses besoins pour nourrir sa population. Malgré l'abondance de terres arables et un potentiel pastoral indéniable, l'État gabonais dépend massivement de marchés extérieurs tels que le Brésil ou la France, ce qui engendre une fuite de capitaux chiffrée en milliards de francs CFA chaque année. Face à cette situation, l'enjeu de la souveraineté alimentaire devient crucial pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement nationales et inverser une balance commerciale lourdement déficitaire.


Le ranch de Nyanga 


Géré par la Grande Mayumba Agrobusiness Company (GMAC), c'est le seul élevage bovin à grande échelle du pays. En élevage biologique, les bêtes grandissent en liberté dans la province de la Nyanga, sans recours intensif aux produits chimiques


Le défi de l'autosuffisance locale 


Cette dépendance extérieure cache également de fortes disparités géographiques entre les neuf provinces du pays, dont le potentiel d'élevage reste largement sous-exploité. Si la province de l'Estuaire, abritant la capitale Libreville, concentre la majeure partie de la demande, ce sont des régions comme la Nyanga ou la Ngounié qui détiennent les clés de l'autosuffisance grâce à leurs vastes savanes propices à l'élevage extensif. Décentraliser la production bovine permettrait ainsi d'alimenter durablement le marché national en viande fraîche, réduisant la dépendance collective aux produits congelés importés.


La pression sur la viande de brousse


Le constat est que dans les régions très forestières, la viande de brousse constitue plus de 53 % de la consommation annuelle de viande des ménages. 


Par ailleurs, structurer une filière bovine performante à l'échelle nationale constitue un levier indirect mais puissant pour la préservation de la biodiversité gabonaise, notamment face à la consommation de viande de brousse. Dans les provinces forestières les plus reculées, le gibier représente parfois plus de la moitié des apports en protéines animales des ménages en raison du manque d'alternatives abordables. En favorisant une offre régulière, accessible et attractive en viande de bœuf sur l'ensemble du territoire, le pays pourrait réduire la pression anthropique sur la faune sauvage et mieux encadrer la biosécurité de son secteur carné.


L'impact écologique et les modes de production


La viande importée nécessite de longs transports (avion/bateau) augmentant l'empreinte carbone. L'enjeu consiste notamment à développer des ranchs locaux (tel que le projet GMAC à Nyanga) favorisant une viande produite dans des conditions biologiques plus respectueuses de l'environnement. Sur le plan écologique, le modèle actuel basé sur l'importation de masse présente un coût environnemental invisible mais pesant pour le Gabon. Le transport maritime et aérien de milliers de tonnes de viande congelée génère une empreinte carbone considérable qui contredit les ambitions de transition écologique du pays. Le développement de projets d'élevage locaux, à l'image des initiatives menées dans la Nyanga, offre l'opportunité de promouvoir des circuits courts et des modes de production biologiques bien plus respectueux des écosystèmes et du climat mondial.


Le pouvoir d'achat et la lutte contre la vie chère


Les prix du bœuf sur les marchés de Libreville et de Port-Gentil oscillent souvent entre 2400 et 4900 francs CFA le kilogramme, ce qui grève le budget des ménages. Au plan macroéconomique et social, le prix de la viande de bœuf demeure un indicateur central du coût de la vie pour les populations urbaines de Libreville ou de Port-Gentil. Les tarifs au kilogramme, fluctuant régulièrement à la hausse, grèvent lourdement le budget des familles modestes qui peinent à accéder à des protéines de qualité. L'intensification de la production locale combinée à des politiques rigoureuses d'encadrement des prix s'impose comme une nécessité absolue pour stabiliser les marchés et garantir la sécurité nutritionnelle de tous les Gabonais.


La création d'emplois et le développement rural


Le secteur agricole et pastoral ne représente qu'une part minoritaire de l'emploi en comparaison avec le secteur pétrolier ou minier. L'émergence d'une véritable industrie bovine nationale offre une réponse concrète au défi du chômage et de l'exode rural qui vide l'intérieur du pays au profit des grands centres côtiers. Alors que l'économie gabonaise cherche à se diversifier pour sortir de sa dépendance historique au secteur pétrolier et minier, l'investissement pastoral peut revitaliser les économies provinciales. De l'élevage à la distribution, en passant par les abattoirs et la logistique routière, cette filière est capable de créer des milliers d'emplois locaux et de transformer durablement le paysage rural du Gabon.


Le Gabon importe plus de 90 % de ses besoins en viande bovine 


Le paradoxe de la viande bovine au Gabon réside dans sa dépendance extérieure. Le pays importe plus de 90 % de ses besoins, pénalisant sa balance commerciale de plusieurs milliards de francs CFA par an. Malgré d'immenses étendues de terres arables exploitables à travers ses neuf provinces, le marché national reste tributaire des fournisseurs occidentaux et sud-américains. Briser ce cercle vicieux est devenu un impératif stratégique pour garantir l'autonomie alimentaire gabonaise face aux risques de pénuries mondiales. 


 


 


 

Par Pamphil

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