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FILIÈRE BANANE PLANTAIN AU CAMEROUN : UN GÉANT AGRICOLE AFRICAIN

FILIÈRE BANANE PLANTAIN AU CAMEROUN : UN GÉANT AGRICOLE AFRICAIN
Cameroun : leader africain de la production de banane plantain.

Avec une production record, le Cameroun s'impose comme le leader incontesté de la banane plantain sur le continent. Alors que la demande nationale et sous-régionale explose, focus sur les chiffres clés, les défis et les ambitions de cette filière hautement stratégique.


Un leader continental porté par des volumes records


Le Cameroun trône au sommet de la production de banane plantain en Afrique. Le pays affiche un volume annuel estimé à environ 5,5 millions de tonnes. Cette culture s’impose comme la troisième denrée alimentaire la plus consommée à l’échelle nationale. Au-delà de son rôle nutritionnel, le secteur constitue un puissant moteur social. Il fait vivre, directement ou indirectement, près de 6 millions de Camerounais à travers le pays.


Le cœur de la production nationale


La dynamique de production repose sur un tissu agricole concentré dans quatre zones géographiques majeures.




  • Le Centre




  • Le Littoral




  • Le Sud-Ouest




  • L’Est




Dans ces bassins, les rendements moyens oscillent actuellement entre 7 et 10 tonnes par hectare. Pour maximiser ce potentiel, l'accent est mis sur la modernisation des pratiques, notamment via l'injection de financements ciblés et la distribution à grande échelle de plants sains (rejets de bananiers issus de fragments de tiges) aux producteurs locaux.


Le Cameroun vise une production annuelle de 10 millions de tonnes en 2030


Face à ces résultats, les autorités camerounaises accélèrent la cadence. Le Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (MINADER) a dressé une feuille de route aux objectifs clairs.




  • Cap intermédiaire : Atteindre une production de 7 à 7,5 millions de tonnes.




  • Horizon 2030 : Franchir la barre symbolique des 10 millions de tonnes.




Note de vigilance. Les experts rappellent l'importance de bien dissocier cette filière de celle de la banane dessert. Principalement destinée à l’exportation vers l’Europe, la banane dessert représente un marché distinct aux volumes plus modestes, oscillant entre 210 000 et 270 000 tonnes par an.


500 000 tonnes de bananes plantains sont exportés vers ses voisins d'Afrique Centrale


Le Cameroun exporte chaque année plus de 500 000 tonnes de bananes plantains vers ses voisins d'Afrique Centrale. Ce flux représente près de 10 % de sa production nationale.


Le Gabon et la Guinée Équatoriale captent à eux seuls environ 40 % de ces volumes transfrontaliers. Ils dépendent massivement des marchés de Douala et de la région du Sud pour nourrir leurs populations urbaines.


Le Tchad et la Centrafrique absorbent le reste des cargaisons. Face à cette forte demande régionale, le Cameroun renforce ses infrastructures routières pour fluidifier le commerce et asseoir son statut de grenier de la sous-région


Le Cameroun produit actuellement environ 5,5 millions de tonnes de bananes plantains par an, le Gabon produit environ 270 000 tonnes de bananes et de bananes plantains par an. 


Gabon : le défi de l’autosuffisance pour la filière banane et plantain


Le Gabon n'est pas encore au niveau du Cameroun. Avec une production annuelle estimée à 270 000 tonnes (Food and Agriculture Organization), la banane et le banane plantain figurent parmi les aliments de base les plus essentiels dans les foyers gabonais. Pourtant, malgré leur importance capitale pour la sécurité alimentaire nationale, l'offre locale reste très insuffisante pour répondre à la forte demande intérieure.


L’organisation de la production nationale repose sur une forte disparité géographique. La province de l’Estuaire s'impose comme le cœur agricole de cette filière, fournissant à elle seule la moitié (50 %) des volumes du pays. Le reste de la production est complété par le Woleu-Ntem (16 %), le Moyen-Ogooué (11 %) et l'Ogooué-Maritime (10 %) selon instatgabon.org. À l'échelle nationale, la productivité demeure toutefois modeste, affichant un rendement agricole moyen de 3,97 tonnes par hectare selon instatgabon.org.


Ce manque de rendement crée un déficit structurel que le Gabon doit impérativement combler. Pour nourrir sa population, le pays dépend massivement des importations sous-régionales, s'approvisionnant de manière continue auprès du géant agricole voisin, le Cameroun.


Face à cette dépendance extérieure, les autorités gabonaises ont décidé de réagir. L’État s'associe régulièrement à des institutions internationales, notamment la FAO, pour moderniser le secteur. Ces initiatives stratégiques visent à structurer et professionnaliser les coopératives agricoles locales. De plus, le gouvernement mise sur l'extension des surfaces cultivées grâce au déploiement des Zones d’Aménagement Agricoles (ZAP) selon Food and Agriculture Organization. L'objectif est de booster la production locale pour inverser la tendance, réduire la facture des importations et garantir, enfin, la souveraineté alimentaire du pays.


Pour combler son déficit alimentaire, le Gabon dépend des importations sous-régionales de bananes plantains. Le Cameroun s'impose comme le principal fournisseur, captant une part majeure des flux transfrontaliers. En effet, des études indiquent que près de 40 % de la production marchande du plantain camerounais alimente les marchés du Gabon et de la Guinée équatoriale. En parallèle, des flux complémentaires proviennent de la République du Congo, bien que moins volumineux. Ensemble, ces échanges représentent des dizaines de milliers de tonnes par an, circulant par voies terrestres pour approvisionner les grands centres urbains gabonais en perte de souveraineté alimentaire. 

Par Pamphil

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