ONE FOREST SUMMIT AU GABON:PROTÉGER LA FORÊT TROPICALE
L’idée de cette réunion de haut niveau, confie un des organisateurs, est de commencer les discussions autour de trois facteurs bloquants, Il y a d’abord le manque de connaissance scientifique sur ces forêts. Les spécialistes disent manquer cruellement de marqueurs, de modélisations pour voir l’évolution face aux changements climatiques. Il faut donc mettre en place des programmes scientifiques.
Autre point de travail : l’absence, aujourd’hui, d’une chaîne de valeurs durables. Si on produit du bois responsable, il faut être sûr de le vendre, explique un diplomate qui a participé aux discussions. Il faut donc des entreprises qui s’engagent à l’acheter alors qu’il sera plus cher, ajoute-t-il.
Enfin, et c’est certainement le sujet le plus important : les financements carbones. Les forêts du bassin du Congo sont aujourd’hui celles qui captent le plus de gaz à effet de serre, et les pays veulent monnayer ce rôle. Payer la tonne de CO2 – 3 à 5 dollars – n’a pas de sens,ont dit des spécialistes, qui appellent à fixer le prix entre 30 et 50 dollars. Pour la première fois, on se pose la question de la valeur de cette forêt, se réjouit l'un des organisateurs. « Ces forêts primaires, explique de son côté le ministre français de l’Environnement, Christophe Béchu, ne bénéficient que d’une toute petite partie des crédits verts, des crédits carbones, alors qu’elles rendent un service immense ».
La jeunesse ne manque pas d'ambitions
Avant l’ouverture du One Forest Summit, de jeunes Africains et Européens ont tenu, mardi 28 février, le One Youth Forest Summit. Qu’attendent-ils du rendez-vous qui s’ouvre ce mercredi ? Quelle sera leur contribution?
Paulin Lokonda est étudiant en environnement à Kinshasa. Il est venu faire un plaidoyer en faveur de la réduction de l’utilisation des bois de chauffe dans les villages et inciter à faire planter 1 000 arbres par an :
« Si chaque université arrive à planter au moins 1 000 arbres par an, nous serons récompensés de tout ce que nous aurons exploité. Ça sera bénéfique pour la communauté mondiale et africaine. »
Jeune volontaire sur les questions environnementales, Mbake Ndiaye, du Sénégal, participe à un projet agricole et de reboisement. Elle explique :
« Il y a le reboisement du côté de la mangrove. Il y a le reboisement du côté de la partie continentale. Pour protéger l’environnement, il y a beaucoup de campagnes de reboisement qui se font. »
Sous des tentes, des étudiants gabonais de l’École nationale des eaux et forêts, exposent une pépinière et des produits cosmétiques et de consommation extraits à partir des arbres. Ils sont réunis dans une association dirigée par Jerry Moundounga, qui développe leur projet :
Après leur sommet sur la forêt, les jeunes souhaitent que leurs projets bénéficient de l’assistance technique et du financement des bailleurs de fonds pour leur mise en œuvre...
la grève des éco-gardes
les éco-gardes du pays entament ce mercredi une grève illimitée. Acteurs majeurs dans la protection et la gestion des parcs nationaux, ils estiment être mal payés et manquent de moyens pour assurer leurs missions. Et malgré une réunion avec leur direction lundi, aucune solution n’a été trouvée.
Sosthène Ndong Engonga, secrétaire général du Syneg, le Syndicat national des éco-gardes du Gabon, expose au micro de Guillaume Thibault les raisons de leur colère.