HARCÈLEMENT, BAGARRES, AGRESSIONS : QUE SE PASSE-T-IL DANS LES ÉCOLES GABONAISES ?
Les violences en milieu scolaire prennent une ampleur inquiétante au Gabon. Entre harcèlement, bagarres, intimidations et agressions, les établissements scolaires sont devenus le théâtre de nombreux incidents qui préoccupent autant les parents que les autorités éducatives et judiciaires. Un phénomène qui pousse désormais les organisations de défense des droits humains à tirer la sonnette d’alarme.
Pour faire face à cette situation, l’ONG SOS Prisonniers, en partenariat avec l’Union européenne et la direction générale des Droits de l’Homme, a lancé une caravane nationale de sensibilisation baptisée « Droits humains et violences en milieu scolaire ». Cette initiative, qui se déroule dans plusieurs établissements de Libreville et d’Akanda, vise à informer les élèves sur les conséquences des violences scolaires et les risques judiciaires encourus.
Le constat dressé par les organisateurs est alarmant. Chaque jour, des cas de violences sont signalés dans les écoles gabonaises. Derrière ces incidents se cachent souvent des conflits liés au harcèlement, aux moqueries ou aux rivalités entre élèves, parfois amplifiés par les réseaux sociaux. Et dans certains cas, les altercations dégénèrent au point de conduire à des arrestations ou à des poursuites judiciaires.
Pour Lionnel Engonga, président de SOS Prisonniers, la situation mérite une réponse urgente. Selon lui, de nombreux jeunes se retrouvent confrontés à la justice sans réellement mesurer les conséquences de leurs actes. « La jeunesse représente l’avenir du pays. Cet avenir ne doit pas être compromis par des comportements violents », rappelle-t-il.
Au cours des échanges organisés avec les élèves, plusieurs jeunes ont reconnu agir violemment pour se défendre contre le harcèlement ou les provocations répétées. Une réaction que les intervenants tentent d’encadrer en rappelant que la légitime défense doit rester proportionnelle à l’agression subie.
La caravane met également l’accent sur la nécessité de briser le silence autour des violences scolaires. Beaucoup d’élèves hésitent encore à dénoncer les agressions par peur d’être considérés comme des « dénonciateurs ». Les organisateurs insistent pourtant sur l’importance d’alerter les enseignants, les parents ou les autorités compétentes avant qu’un drame ne survienne.
Au Gabon, la responsabilité pénale débute dès l’âge de 13 ans. Un mineur impliqué dans une agression grave peut faire l’objet de poursuites judiciaires, écoper d’une peine de prison ou conserver un casier judiciaire susceptible d’impacter durablement son avenir professionnel.
À travers cette campagne, SOS Prisonniers souhaite inscrire durablement l’éducation aux droits humains et la prévention des violences dans les écoles gabonaises. Une manière de rappeler que la lutte contre la violence passe aussi par l’écoute, le dialogue et la sensibilisation des jeunes générations.