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DANSE AU GABON : PASSION IGNORÉE OU VRAI MÉTIER IMPOSSIBLE ?

DANSE AU GABON : PASSION IGNORÉE OU VRAI MÉTIER IMPOSSIBLE ?
Au Gabon, la danse oscille entre passion et précarité. Manque de reconnaissance, revenus instables et pression sociale freinent les danseurs qui tentent de faire de leur art un métier.

Journée internationale de la danse , au Gabon, entre passion, précarité et manque de reconnaissance


Chaque 29 avril, le monde célèbre la Journée internationale de la danse. Mais au Gabon, derrière les chorégraphies, les shows et les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, se cache une réalité bien plus complexe pour ceux qui ont choisi de faire de la danse leur voie.


Car une question revient souvent , être danseur au Gabon, est-ce vraiment un métier ?


Dans les faits, la réponse reste floue. Contrairement à d’autres pays où la danse est structurée avec des compagnies, des contrats et des statuts, au Gabon, la majorité des danseurs évoluent dans l’informel. La rémunération est irrégulière, souvent faible, et dépend essentiellement des prestations ponctuelles , spectacles, clips, événements.


Pour beaucoup de danseurs gabonais, la danse est donc plus une passion qu’un métier viable. Certains cumulent avec d’autres activités pour survivre , petits boulots, commerce, ou encore enseignement informel. Même les plus talentueux peinent à obtenir une reconnaissance institutionnelle ou des opportunités durables.


À cela s’ajoute le regard de la société. Au Gabon, comme dans plusieurs pays africains, la danse est souvent perçue comme un loisir, un divertissement rarement comme une carrière sérieuse. Combien de jeunes entendent encore 
« Tu penses que la danse va t’emmener où ? »
Une phrase qui résume à elle seule le manque de considération autour de ce métier.


Et pourtant, la contradiction est frappante. La danse est omniprésente dans la culture gabonaise et africaine , elle accompagne les cérémonies, les rites, les fêtes et les moments de vie. Elle est identité, expression et patrimoine. Mais ceux qui la pratiquent au quotidien pour en faire une carrière restent marginalisés.


Malgré ces obstacles, une nouvelle génération de danseurs tente de changer les choses. Certains cherchent à professionnaliser le secteur, à se former, à se faire connaître à l’international. Ils utilisent les réseaux sociaux comme vitrine, créent des groupes, organisent des battles, et imposent progressivement une nouvelle vision , celle d’une danse moderne, créative et ambitieuse.


Mais le chemin reste long. Manque d’infrastructures, absence de cadre légal clair, peu d’accompagnement… autant de freins qui empêchent encore la danse d’être pleinement reconnue comme un véritable métier au Gabon.


En cette Journée internationale de la danse, il est donc important de dépasser les clichés. Derrière chaque performance, il y a des heures de travail, des sacrifices et une réelle volonté de vivre de son art.


La danse au Gabon ne manque pas de talent.
Elle manque surtout de reconnaissance.

Par NOEMI KIM

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