FIN DES TENSIONS SUR LES ÉLECTIONS DU CNOG DU 25 AVRIL, POSSIBLEMENT REPORTÉES AU 2 MAI
La situation qui entoure l'élection du Comité National Olympique Gabonais (CNOG), prévue initialement pour le 25 avril 2026, a connu des rebondissements inattendus ces derniers jours. Entre tensions internes, pressions externes du Comité International Olympique (CIO) et désaccords concernant les processus électoraux, l'intervention d'un acteur clé du gouvernement, le ministre de l’Intérieur, a permis de désamorcer la crise.
Une crise institutionnelle qui menaçait l'intégrité du sport gabonais
Tout a commencé par un audit réalisé par les autorités gabonaises sur les fédérations sportives. Les résultats ont été sans appel et ont montré des irrégularités administratives accablantes dans presque toutes les structures concernées par les élections à venir. À la suite de ces révélations, le ministère des Sports a pris la décision de suspendre les élections du CNOG et de la Fégafoot. Si cette décision était jugée nécessaire par certains pour garantir la transparence des processus électoraux, elle a pourtant généré une vive réaction de la part des instances internationales, notamment du CIO, qui a exigé le maintien des élections. Une telle situation a mis le gouvernement gabonais dans une position inconfortable. D'un côté, l’impératif de répondre aux exigences internationales, et de l'autre, la nécessité de rétablir l'ordre et la légalité dans le mouvement sportif national.
L'intervention du ministre de l'Intérieur : une solution pragmatique pour apaiser les tensions
Face à ces divergences, une rencontre cruciale a été organisée le 23 avril entre le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, son collègue du ministère de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, et les responsables des fédérations sportives. Lors de cette réunion, le ministre de l’Intérieur a pris la parole pour proposer une issue favorable à tous. Fort de sa position de médiateur, il a souligné l'importance d’agir dans l’intérêt du pays, afin d’éviter une sanction internationale qui pourrait nuire à l'image du Gabon. Son approche, qualifiée de "Justice de Salomon", a consisté à trouver un compromis en régularisant les situations administratives des fédérations, et ce dès le 24 avril.
Cette intervention a permis de calmer les esprits, qui s'échauffaient de plus en plus au sein des fédérations et du CNOG. Le ministre a en effet rassuré l'ensemble des parties prenantes sur la volonté du gouvernement de mener à bien la modernisation et l’assainissement du secteur sportif gabonais. Il est question de corriger les erreurs passées tout en respectant les exigences internationales, notamment celles du CIO.
Le processus de régularisation : un mal nécessaire pour une réforme en profondeur
Les raisons de l’interruption du processus électoral sont multiples. D’abord, l’audit a révélé des dysfonctionnements terribles au sein des structures qui, selon les autorités, nuisaient à la transparence et à l'efficacité de la gestion des fédérations sportives. Le gouvernement a donc estimé qu'une pause dans le processus électoral était indispensable pour remédier à ces irrégularités et garantir que les futures élections se déroulent sur des bases légales et transparentes et redresser la barre. Le retard observé dans la régularisation des dossiers a été considéré comme un mal nécessaire, un sacrifice temporaire pour une réforme en profondeur du sport gabonais.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté de redonner de la crédibilité au système sportif national et de redonner leurs lettres de noblesse aux sportifs gabonais, qui avait souffert par le passé de l'opacité de certains processus électoraux. Le ministre des Sports a d’ailleurs souligné que cette réforme visait à garantir que les dirigeants des fédérations soient élus sur des bases saines, dans un climat de totale transparence. En effet, à long terme, l’objectif est de permettre à nos fédérations de mieux se structurer et de mieux préparer les athlètes gabonais aux compétitions internationales.
Une nouvelle date pour les élections : vers un compromis ?
À l'issue de la réunion du 23 avril, il a été convenu que les fédérations sportives déposent leurs dossiers de régularisation au siège du CNOG dès le 24 avril. Ce dépôt sera suivi par une consultation avec les ministères concernés, afin de vérifier que tous les critères sont bien remplis avant d’aller de l’avant avec les élections.
Une nouvelle Assemblée Générale (AG) extraordinaire du CNOG est prévue pour le 25 avril. L’objectif de cette rencontre sera de définir une nouvelle date pour les élections, le 2 mai étant avancée comme une possibilité. Cependant, avant de fixer cette échéance, une consultation avec le CIO sera menée afin d’obtenir un consensus qui permette de respecter à la fois les impératifs du calendrier sportif international et les exigences du processus de régularisation interne.
Cette approche a le mérite de concilier plusieurs objectifs. Garantir la transparence des élections, répondre aux exigences du CIO et éviter un retard supplémentaire dans l'organisation des compétitions internationales. Les fédérations, de leur côté, ont exprimé leur volonté de participer activement à ce processus de régularisation, consciente qu’il s'agit d'une étape cruciale pour le renouveau du sport gabonais.
La sortie de crise
Il reste à voir si la nouvelle date des élections, ainsi que les démarches de régularisation entamées, permettront de lever toutes les incertitudes qui pèsent sur le sport gabonais. Toutefois, l’approche pragmatique adoptée par le ministre de l’Intérieur semble offrir une lueur d’espoir. En effet, en apaisant les tensions entre les différents acteurs du sport gabonais, cette initiative ouvre la voie à une réorganisation qui pourrait s'avérer bénéfique à long terme pour l’ensemble du mouvement sportif national.
Le défi maintenant pour le gouvernement, les fédérations et le CNOG sera de réussir à maintenir un équilibre entre les exigences internes de réforme et les attentes des instances internationales. Le sport gabonais, déjà confronté à de nombreux défis, a tout à gagner à s’engager résolument dans cette voie de modernisation.